Le Financial Times soutient Barack Obama

Publié le par Le Figaro

«Barack Obama a mené une brillante campagne, déstabilisant sa concurrente et ralliant les indécis démocrates, tout autant que ceux dans le pays tout entier», souligne le Financial Times.

A la veille de primaires cruciales en Pennsylvanie, l'influent quotidien économique loue les qualités et la campagne de celui qu'il estime être «le meilleur candidat».

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Barack Obama récolte un soutien prestigieux de plus. Le quotidien économique britannique Financial Times a appelé lundi dans un éditorial les membres du parti démocrate des Etats-Unis, à s'unir derrière le sénateur de l'Illinois et à agir rapidement pour le désigner candidat officiel du parti de l'Ane à l'issue des primaires en Pennsylvanie de mardi. «Non seulement l'avance de Barack Obama en nombre de délégués est imprenable mais de fait il est le meilleur candidat », avance le journal.

Les différences politiques entre le politicien de Chicago et sa rivale démocrate Hillary Clinton «paraissent petites et en réalité sont encore plus minces», argue le FT. «Il y a plutôt une différence de caractère, de tempérament et ... d'identité», estime-t-il, soulignant que «Barack Obama a mené une brillante campagne, déstabilisant sa concurrente, récoltant plus d'argent et ralliant les indécis démocrates, tout autant que ceux dans le pays tout entier». Louant ses talents d'orateur, qui lui permettent de «subjuguer des stades entiers», le Financial Times remarque aussi que sur le fond, le sénateur de l'Illinois fait preuve de qualités tout aussi fondamentales comme la recherche du consensus, un calme à toute épreuve et une cohérence dans les idées, qui «ont affirmé l'authenticité de son caractère».

«Le fiasco de la campagne» d'Hillary Clinton

Des atouts qui font défaut à l'ancienne première dame. Le Financial Times juge sévèrement «le fiasco de sa campagne», «victime de trop d'ajustements et manquant de direction». «L'équipe d'Hillary Clinton n'a fait aucun plan pour un combat de longue haleine, est arrivée à court d'argent et a dû se réorganiser en cours de route», rappelle le quotidien qui juge que cette improvisation particulièrement inquiétante pour une candidate qui met en valeur ses qualités de management. Le FT dénonce aussi les «conseillers hyperactifs» de la sénatrice de New York, «qui lui ont fait revêtir une nouvelle personnalité chaque jour» et «qui lui ont suggéré de faire intervenir Bill Clinton de sa campagne avant de l'en écarter».

Le journal s'attaque également à son style, jugeant son éloquence «prosaïque et terre-à-terre lorsqu'elle n'est pas tout simplement irritante». Autre obstacle insurmontable à l'investiture d'Hillary Clinton dont la cote d'impopularité ne cesse de monter, le profond rejet qu'elle inspire à ses opposants. «Le fait que son destin politique n'est pas été scellé depuis des semaines est un signe de sa ténacité et de la loyauté qu'elle suscite dans son parti», note le quotidien, qui reconnait toutefois à son favori quelques travers.

Mais même s'il regrette la proximité de Barack Obama avec le pasteur démagogue Jeremiah Wright et ses remarques condescendantes sur «l'Américain moyen accroché à la religion et aux armes», le Financial Times souligne que les Etats-Unis ont besoin d'inspiration. «Élire pour la première fois une femme président devrait être grandiose mais pas avec une candidate qui traîne un bagage dynastique aussi lourd, qui a le don de dresser contre elle les indécis et qui affronte ce candidat. Le parti démocrate a attendu affreusement longtemps un politicien comme Barack Obama», conclut le journal. Pour se consoler, Hillary Cllnton pourra elle se prévaloir du soutien que lui avait accordé mi janvier le New York Times, qui avait salué son expérience acquise au Sénat et la force de son intellect.

Publié dans LE MONDE

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