Centrafrique : un responsable rebelle se dit victime de détention arbitraire

Publié le par Le Monde

images.jpgUn dirigeant de l'Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD), la principale rébellion encore active en Centrafrique, le "commandant" Magloire Guétel, a affirmé mardi à l'AFP être "détenu arbitrairement" à Bangui.

"Je suis détenu arbitrairement depuis le 12 février dans des conditions difficiles. Et pourtant, j'ai répondu à l'appel lancé par le chef de l'Etat à Sido le 15 mars 2007, en me rendant aux autorités à Bouar en mai 2007 avec 504 hommes", a-t-il assuré au téléphone de son lieu de détention dans les locaux de la Section Recherches et Investigations (SRI) de la gendarmerie.

Le 15 mars 2007, à l'occasion du 4e anniversaire du coup d'Etat qui l'a porté au pouvoir, le président centrafricain François Bozizé avait demandé aux combattants de l'APRD, depuis Sido proche de la frontière tchadienne, de renoncer à la lutte armée.

"Nous sommes sortis (du maquis) en espérant que cela conduirait à des discussions en vue de la conclusion d'un accord de paix entre l'APRD et le gouvernement", a affirmé Magloire Guétel qui vivait depuis dans une sorte de régime de semi-liberté dans le camp militaire de Bouar (ouest).

"Des rumeurs ont fait état d'une attaque du camp militaire de Bouar par nos hommes. Des militaires m'ont conduit à Bangui pour démentir ces rumeurs. Ce que j'ai fait le 7 février (...) Mais, quelques jours après j'ai été placé en détention", a poursuivi M. Guétel, ancien sergent de l'armée centrafricaine.

En 2006, le "lieutenant" Jean-Jacques Larmassoum, chef d'état-major de l'APRD, avait été arrêté puis condamné à la prison à perpétuité.

De source du parquet de Bangui, "une procédure est engagée depuis 2005 contre des militaires ayant déserté les rangs des Forces armées centrafricaines (Faca), ainsi que d'autres personnes, pour complot, rébellion et assassinats. Cette procédure suit son cours".

Selon une source proche du gouvernement à Bangui, "seul un accord de paix entre l'APRD et le gouvernement pourrait mettre fin à cette procédure".

Depuis 2005, le nord-ouest de la Centrafrique est plongé dans l'insécurité, provoquée par les "coupeurs de route", mais aussi par les rebelles de l'APRD et les forces régulières centrafricaines, accusées d'exactions entraînant des déplacements massifs de civils.

Publié dans ACTUALITES NATIONALES

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