Areva et Technip s’allient pour doubler la production d’uranium

Publié le par Easybourse

421811190966346-pt.jpg(Easybourse.com) Le leader mondial de l’énergie nucléaire cherche à sécuriser ses approvisionnements en uranium, une ressource limitée et de plus en plus chère. Le partenariat conclu avec Technip pour développer des projets d’exploitation va permettre au groupe dirigé par Anne Lauvergeon de doubler ses capacités de production d'uranium d'ici à 5 ans. Le groupe para-pétrolier lui se diversifie après des résultats annuels inférieurs aux attentes et une note négative de JP Morgan.

 

Deux géants énergétiques français font alliance dans le domaine minier. Areva, leader mondial du nucléaire et Technip spécialiste des services pétroliers ont conclu un partenariat au terme duquel ils investiront «plus de 3 milliards d'euros» dans des projets miniers.

Doubler ses capacités de production d'ici à 5 ans

Cet investissement conséquent a pour but sinon une indépendance du moins une sécurisation de l’approvisionnement d’Areva en uranium. Le groupe explique dans un communiqué que ce partenariat «sécurise le développement de ses programmes miniers», lesquels sont déjà nombreux puisque Areva dispose de 83 sites de production dans une quarantaine de pays (principalement au Canada, au Kazakhstan et au Niger).

«La mise en exploitation de près de 10 nouveaux gisements, dont la plupart sont situés en Afrique» devrait permettre à Areva de «doubler ses capacités de production d'uranium d'ici 5 ans».

Ce nouveau projet d’extraction se fera à travers un nouveau groupe, une joint-venture TSU Project composé de Technip et SGN, filiale d'ingénierie d'Areva spécialisée dans le cycle du combustible nucléaire.

L’enjeu est considérable alors que les matières premières, le pétrole mais aussi l’uranium, sont en voie de raréfaction et subissent de ce fait une véritable flambée des prix. L'uranium n'est pas épargné par cet emballement des matières premières puisque d’après l’agence pour l’énergie nucléaire (AEN, organe de l'OCDE) l’uranium est une ressource limitée et de plus en en plus recherchée comme alternative crédible aux hydrocarbures et au pétrole. Conséquence : les tensions sur les prix sont réelles.

Areva champion national français a une longueur d’avance sur cette technologie et dispose de capacités de production importantes puisqu’il a produit 6 000 tonnes d'uranium en 2007. La société a également racheté en 2007 pour près de 2 milliards d'euros le producteur canadien d'uranium UraMin, propriétaire de mines en Afrique du Sud, en Namibie et en Centrafrique. Cette opération devait permettre au groupe français d'accroître sa production d'uranium de 700 tonnes par an.

Par ailleurs, Areva diversifie ses sites de production essentiellement en Afrique où il veut «accélérer la réalisation des projets d'Imouraren au Niger et de Trekkopje en Namibie». Le projet d’Imouraren représente un investissement de plus d’1 milliard d’euros soit le plus grand projet industriel minier jamais envisagé au Niger, le plaçant au deuxième rang mondial avec une production de près de 5000 tonnes d'uranium produites annuellement.

Technip l'un des leaders mondiaux de l'ingénierie pétrolière et gazière s’allie à ce projet ambitieux en tant que groupe ayant développé des projets et une expertise dans les mines et métaux (nickel, uranium, bauxite/alumine, silicium…). La diversification de son activité est une stratégie qui peut s’avérer payante alors que les résultats annuels 2007 ont été inférieurs aux attentes. Il espère également retrouver la voie du succès en bourse après la dégradation de sa recommandation par JP Morgan ce mardi de Neutre à Sous-pondérer, avec un objectif de cours de 54,50 euros.

Une note qui intégrait le profit warning du 31 janvier, les risques de long terme sur le pétrole, ainsi que les estimations «décevantes» des profits du projet Qatargas II et les perspecrtives incertaines des projets Qatargas III et IV. Ces éléments conduisaient l’agence à prévoir des résultats à l'horizon 2010 plutôt dans le bas de la fourchette de prévisions communiquée par Technip.

L'action de Technip ne se relève pas en bourse et reste en baisse de 3,10% à 49,05 euros. L'action Areva est en baisse de 1,81% à 652,95 euros.

Laure Gaillard

Publié dans ECONOMIE

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