France - Afrique : Bockel victime de ses positions sur la Françafrique ?

Publié le par Le Figaro

undefinedCertaines sources au sein du gouvernement affirment que l'ex-secrétaire d'Etat à la Coopération, nommé aux Anciens combattants, aurait été transféré à cause de ses prises de positions critiques sur les relations entre Paris et certaines capitales africaines.

 

Jean-Marie Bockel a beau affirmer qu'il est «extrêmement satisfait» de sa nouvelle position aux Anciens combattants, «passionné» par les questions de défense et «très heureux de travailler avec Hervé Morin», son nouveau ministre de tutelle, la question se pose : le secrétaire d'Etat a-t-il été privé de son poste à la Coopération à cause de ses positions sur la Françafrique ? Lui même, interrogé sur les raisons de sa réaffectation, répondait d'ailleurs dans un premier temps «ce n'est pas à moi de le dire».

 

Un ministre, interrogé sou couvert d'anonymat par l'AFP, mais aussi plusieurs sources au Quai d'Orsay, l'ont fait pour lui. Ils évoquent «des pressions, notamment d'Omar Bongo (président du Gabon), pour faire partir Bockel du Quai d'Orsay». Selon ces sources, Bockel «a eu le tort d'appliquer au premier degré les critiques de Sarkozy» sur les relations controversées entretenues par la France avec ses anciennes colonies. «Que le président dise cela, ça va, c'est le président. Mais lui prenait des risques à le dire».

 
 

Pressions de Libreville

 
 

Le 15 janvier, le secrétaire d'Etat avait effectivement appelé le président Sarkozy à concrétiser ses promesses de «rupture» dans les relations franco-africaines en défendant la nécessité de signer «l'acte de décès de la Françafrique», ce système de liens privilégiés et de réseaux tissés entre les élites des anciennes colonies françaises sur le Continent Noir et des acteurs économiques et politiques français.

 

Omar Bongo, le président du Gabon, est l'incarnation même de la Françafrique : chef de l'Etat depuis 1967, il muselle l'opposition et aurait amassé une fortune personnelle colossale. Il possède en outre des liens privilégiés avec une foule d'hommes politiques français, dont Nicolas Sarkozy.

 

Selon des sources en France et au Gabon, Omar Bongo aurait été échaudé par les prises de position de Bockel. D'autant plus qu'un reportage diffusé sur France 2, diffusé peu après évoquait le patrimoine immobilier colossal que le président gabonais possède en France. Le remplacement du secrétaire d'Etat aurait été un gage donné au Gabon, dont la rente pétrolière continue d'intéresser Paris.

 

Le départ de Jean-Marie Bockel a effectivement été très bien accueilli à Libreville. «Pour nous, c'est un signe intéressant», explique le porte-parole du gouvernement gabonais, tandis qu'une source anonyme, proche du pouvoir, confirme des pressions sur Paris : «Libreville a bien demandé un changement de tête à la Coopération».

Publié dans LE MONDE

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