La vie de réfugiés politiques en danger en Centrafrique : Grève à la Commission Nationale aux Réfugiés

Publié le par Journal Chrétien.net

undefinedQue de scandales au tour des organes chargés de la gestion au quotidien de la vie de réfugiés politiques établis en RCA. Après le scandal dit Antanase Mutabuissi, c’est maintenant au tour du comptable de la Cnr à qui il est reproché le détournement de la somme des 25.000.000 FCFA selon les propos recueillis dans les milieux tant de réfugiés politiques, de la CNR et du HCR. Conséquence, les salaires ne sont plus versés au personnel de la CNR depuis bientôt 3 mois. 

Depuis le lundi 17 mars dernier, le personnel de la Commission nationale aux réfugiés « CNR » à Bangui observe une grève de trois jours pour non paiement de leurs salaires et autres avantages liés à leurs fonctions.

Il vous souviendra que déjà depuis bientôt plus de 3 mois, un malaise profond couve au sein de la CNR où il n’ y a plus une détermination au niveau du personnel à pouvoir bien faire leur travail. Tous les services tournent quasi au ralenti et ceux qui en paient les premiers le prix sont bien les pauvres réfugiés politiques dont la survie ne dépend que de la seule prise en charge de leur vie par ce service public partenaire privilégie du Haut commissariat aux réfugiés « HCR ». Ce dernier lui alloue des lignes de crédits substantiels pour son fonctionnement, allant de salaires, aux frais de missions et autres frais de fonctionnement, et auxquels s’ajoutent la fameuse modique assistance des 25.000 FCFA versée à quelques rare « privilégiés réfugiés politiques » dont la détermination n’est connue que de seuls Hcr et Cnr.

Signalons que cette fameuse assistance sociale n’est pas régulière et les conditions de la détermination des ayants droit demeurent jusque là un tabou alors que logiquement tout réfugié politique devait en avoir droit étant donné que les véritables réfugiés politiques sont sensés avoir tout perdu au départ de leurs pays respectifs où leur vie était en danger de mort. Ce qui explique l’oisiveté de la plupart d’entre eux, bien que qualifiés, ils se sont transformés en pasteur, sentinelle, jardinier et autres garçons de courses devant la non assistance par le HCR. Nous y reviendrons avec force détails dans nos prochaines livraisons.

Et au tour de cette fameuse grève, nous avons eu à interroger le personnel de la Cnr qui nous a révélé en avoir ras le bol étant donné qu’ils s’estiment être victime de la mauvaise gestion de responsables hiérarchiques qui ont eu à commettre de manquements graves dans la gestion de lignes de crédits  allouées par le HCR. Unanimement ils invitent le HCR à s’en prendre aux véritables auteurs de tous ces manquements que de bloquer leurs maigres salaires pendant qu’ils ne sont liés ni de loin ni de prêt à la gestion de ces différentes lignes de crédit. Et de nos entretiens avec certains responsables du HCR il se dégage un constat amer : depuis plus de trois mois, les salaires de la CNR sont bloqués au niveau du HCR qui se dit sidéré par la répétition d’actes de mauvaise gestion aussi bien au niveau de ressources humaines que de l’affectation de ressources financières dont la gestion souffre cruellement du manque d’orthodoxie financière. Pour preuve, l’année dernière le tribunal de Bangui a eu à condamner le Hcr à la suite du licenciement abusif de contrats de travail de certains travailleurs ayant été remerciés. Leurs comptes en banque ont même étaient saisis pour les contraindre à payer aux travailleurs leurs indemnités fixées par le tribunal. Jugeant la Cnr comme auteur de ce manquement, les salaires n’ont plus été versés par le Hcr depuis lors. Ajouté à cela le détournement de plus de 25.000.000 FCFA (Vingt cinq millions des FCFA) par le comptable de la CNR, aucune raison plausible ne peut militer pour que les fonds continuent à être versés à la Cnr qui traîne les pieds pour non seulement assainir son système de gestion, mais revoir le profil de certains de ses cadres à la base de cette situation.

Les principaux organes de presse banguissois ont eu à commenter largement ce dossier de détournement de fonds par ce fameux comptable qui continuerait à croupir pour besoin d’enquêtes dans les cachots de la brigade criminelle. Son cas n’ayant pas encore fixé devant le tribunal étant donné qu’il aurait déclaré n’avoir pas agi seul. Il nous a été également rapporté au niveau du Hcr et de la Cnr qu’il lui serait également reproché l’usage de faux en écriture lui ayant permis de détourner toutes ces sommes.

C’est pour toutes ces raisons liées à la gestion peu orthodoxe tant de ressources humaines que financières que la grève qui s’observe a été déclenchée à la Cnr depuis le lundi dernier et aujourd’hui elle entre dans son 4 ème jour.

Et les conséquences néfastes s’enregistrent plus du côté de réfugiés politiques qui ne peuvent plus accéder aux soins médicaux la porte du centre de santé ayant été fermée, non plus au service de la protection et de l’assistance juridique. Imaginez combien cela peut être nuisible pour la survie de réfugiés politiques installés en RCA !!!

Signalons cependant qu’au niveau du Hcr il nous a été signalé la mise en place d’un dispositif souple permettant aux réfugiés politiques de continuer à bénéficier de soins médicaux directement au niveau du Hcr qui a signé de conventions médicales avec certains grands hôpitaux de la place où les réfugiés malades peuvent être admis.

Hormis la pratique de pots de vin dénoncée par le réfugié politique d’origine rwandaise, Massicc Mutabissi, qui déclare avoir remis à un agent du service de la protection plus des 1.500.000 FCFA pour sa réinstallation. Voilà que maintenant le détournement de fonds par le comptable de la Cnr vient encore menacer la vie de réfugiés politiques établis en RCA qui ne savent plus à quel saint se vouer.

Il est grand temps que le gouvernement de la RCA garant de la sécurité des personnes et de leurs biens, et la haute autorité du Hcr, prennent promptement les dispositions utiles pour que toute cette situation soit tirée au clair afin que le malheur de réfugiés politiques ne continue à s’amplifier davantage.

Pasteur Evangéliste Jean Paul BWANA

Publié dans DROITS DE L'HOMME

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