Guillaume Soro : "J’ai hâte d’être au lendemain du scrutin"

Publié le par Afp

soro.jpgPour la première fois depuis sa nomination il y a un an, le Premier ministre ivoirien s’exprime. Dans un entretien exclusif accordé à l’hebdomadaire Jeune Afrique (N°2462, à paraître le 17 mars 2008), Guillaume Soro parle des élections, des polémiques, mais aussi de ses ambitions, de ses rapports avec Laurent Gbagbo et de ses relations avec les autres dirigeants africains.

« J’ai hâte d’être au lendemain du scrutin pour pouvoir enfin exprimer mes ambitions pour mon pays… ». Guillaume Soro, est un jeune homme ambitieux et pressé. Peu importe pour lui que l’accord de Ouagadougou de mars 2007 lui interdise d’être candidat à la prochaine présidentielle, il se projette bien au-delà, estimant que cette élection va « clore un cycle politique et ouvrir la voie à de nouvelles générations ». Il avoue d’ailleurs qu’il est « souvent mal à l’aise dans les habits de Premier ministre ».

Ainsi, en aucun cas, n’envisage-t-il le report des élections. « S’il y a quelqu’un qui veut que les élections se tiennent au plus vite, c’est bien moi ! », dit-il. Pour accélérer l’identification des électeurs, il suggère que les audiences foraines, qui délivreront un demi-million de jugements supplétifs à la fin du mois de mars, ne soient pas prolongées. Au futur président élu de finir le travail. A ceux qui pensent que le nombre de ces jugements est faible, il précise que « ce sont ceux qui ont fait les estimations au départ qui doivent les revoir à la baisse ».

Surnommé aujourd’hui « le fils de Gbagbo », l’ancien chef rebelle reconnaît avoir « partagé les convictions et le combat de Gbagbo au début des années 1990 », et rappelle que les liens avaient été rompus « en 1997, en raison de divergences sur le mode de gestion du mouvement ». Il souligne aussi que ses rapport avec le Chef de l’Etat et ses proches « se sont notoirement améliorés ».

Soro est-il cependant prêt à aider Gbagbo à gagner cette année en échange d’un renvoi d’ascenseur dans 5 ans ? Le Premier ministre répond : « Reconnaissez-moi un minimum de bon sens pour ne pas me brûler les ailes avec des calculs sur une transition aussi précaire qu’aléatoire. »

Dans cet entretien à cœur ouvert, Guillaume Soro se laisse aller à quelques confidences et déclarations surprenantes. Victime d’une tentative d’assassinat sur l’aéroport de Bouaké le 29 juin 2007, il ne croit pas pour autant à un quelconque « danger émanant des Forces Nouvelles ».

Interrogé sur les règlements de compte entre son camp et celui d’IB et accusé d’avoir organisé des purges par ses détracteurs, il donne cette réponse : « Qu’est-ce qu’on appelle des purges dans un contexte de guerre ? Devais-je me laisser tuer ? ».

Il déclare par ailleurs éprouver « une réelle affection » pour Blaise Compaoré, dont il « partage beaucoup de ses points de vue ». Il est aussi fier d’avoir « suscité la sympathie de certains chefs d’Etat africains », comme Omar Bongo Ondimba (« il me traite comme son propre fils ») et Abdoulaye Wade (« le premier chef d’Etat à m’avoir appelé après le début de la rébellion »).

Leader des Forces Nouvelles, Premier ministre et arbitre du processus électoral, Guillaume Soro affirme, enfin, ne pas être « en quête de reconnaissance » vis-à-vis de la France.

Publié dans L'AFRIQUE

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