Centrafrique - Dialogue Politique : Bozizé tend la main à Patassé et Démafouth

Publié le par Le confident

undefined Le 15 mars 2008, le pays célèbre le 5ème anniversaire du sursaut patriotique qui a balayé le pouvoir du régime Patassé. A cette occasion, le Président de la République, le Général François Bozizé, dans son adresse en langue nationale à la population de Damara, a fait savoir que le 15 mars, tout en étant un jour de joie, est aussi un jour de détresse.

 

Dans cette optique, il a évoqué les raisons pour lesquelles la ville de Damara a été choisie pour la commémoration du 5ème anniversaire de ce sursaut patriotique. Damara, selon le Général François Bozizé, est un verrou dont les combats ont été extrêmement violents, ayant causé beaucoup de pertes en vies humaines de part et d'autre des belligérants de l'époque. Le Chef de l'Etat a expliqué à l'assistance que sont tombés sur le champ d'honneur le commandant Sangbaté, le capitaine Rangba, le sergent Fio et Serge Demandji.

Trop de subterfuges !
Evoquant les raisons qui l'ont conduit à prendre les armes et sa détermination à construire la paix après la mise en place effective des institutions républicaines, le Général François Bozizé a affirmé qu'il a pris la décision d'organiser le Dialogue Politique Inclusif afin que la paix et la concorde reviennent définitivement en République Centrafricaine. Il a voulu associer à ce dialogue toutes les couches sociales, même les groupes rebelles qui opèrent dans le nord et le nord-est du pays. Mais, a déclaré le Général François Bozizé, malgré la bonne foi dont il fait preuve, certains chefs rebelles ont toujours peur et continuent d'avoir des appréhensions. Le Chef de l'Etat a annoncé qu'il a lancé aux chefs rebelles de l'APRD, Djimwé, Ouafio, Maradas et les autres, un appel pour qu'ils reviennent à la raison et s'associent au Dialogue politique Inclusif. Les réponses de ces compatriotes, selon le Général Bozizé, n'ont jamais été claires. Au moment de désigner leurs représentants au Comité Préparatoire du Dialogue Politique Inclusif, l'APRD trouve des subterfuges et préfère s'abriter devant un écran de fumée constitué d'hommes politiques dont les souvenirs ne sont pas particulièrement élogieux dans notre pays.

Position ambiguë
Pour le Chef de l'Etat, ce n'est pas normal que des individus puissent se permettre de prendre tout un peuple en otage. Pour mettre un terme à cette situation, le Général François Bozizé a déclaré que Patassé, Demafouth et Gazambeti sont libres de venir en République Centrafricaine de prendre part au Dialogue Politique Inclusif. Le Chef de l'Etat a affirmé qu'il ne s'est jamais opposé à leur présence dans leur pays. Si ces personnalités ont quelques soucis à se faire du côté de la Justice, il y a la séparation des pouvoirs. Et le Président de la République a souligné qu'il n'a aucune influence dans leurs ennuis judiciaires. Le Général François Bozizé a rappelé le souvenir de Jean Bedel Bokassa qui, après avoir conduit ce pays pendant 14 ans, avait accepté de se présenter devant la justice de son pays. Évoquant le cas de Patassé, Demafouth et Gazambeti, le Chef de l'Etat a fait observer que si ces personnalités ont peur de venir personnellement en République Centrafricaine, ils ont toute la liberté d'envoyer leurs représentants ou des plénipotentiaires qui parleront en leur nom.

Si le Général Bozizé a évoqué la position de l'APRD qui semble être très ambiguë, c'est tout simplement parce que ce mouvement rebelle, dans une récente déclaration, avait indiqué qu'il fallait contacter Patassé et Demafouth pour que ces personnalités désignent des représentants en lieu et place de l'APRD. Par cette position, l'APRD a prouvé qu'elle a une direction bicéphale. L'aile militaire se trouve sur le terrain et l'aile politique, qui tire les ficelles, est ailleurs. Les autorités centrafricaines ne sont pas dupes et elles ont compris qu'il fallait attaquer le mal à sa racine en invitant ouvertement Patassé, Demafouth et Gazambeti à descendre à Bangui pour participer au Dialogue Politique Inclusif. François Bozizé a voulu par son ouverture faire la démonstration à n'exclure personne ou une catégorie de personnes au Dialogue Politique Inclusif. Les tractations sérieuses vont maintenant commencer. Mais cette main tendue est-elle sincère ? N'est-elle pas celle du tigre?


Lundi 17 Mars 2008
 
Dinawade Mokambo Junior
 
http://www.leconfident.net
 

Publié dans ACTUALITES NATIONALES

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