Tchad : "plusieurs colonnes rebelles ont franchi la frontière", selon le gouvernement

Publié le par Afp

chad.jpgN'DJAMENA (AFP) — "Plusieurs colonnes de rebelles puissamment armées" ont pénétré mercredi dans l'est du Tchad à partir du Soudan, a annoncé jeudi le gouvernement tchadien.

"Le Soudan a lancé mercredi plusieurs colonnes puissamment armées contre le Tchad. Ces mercenaires ont franchi la frontière au niveau de la localité de Moudeina", selon un communiqué diffusé à la radio nationale.

Moudeina se trouve au nord d'Adé, une autre localité frontalière du Soudan, située à environ 160 km au sud-est d'Abéché, principale ville de l'est tchadien.

"Cette nouvelle violation du territoire national intervient au moment où, sur l'initiative du président sénégalais Abdoulaye Wade, soutenu par la communauté internationale, une ultime médiation entre le Tchad et le Soudan se tient (à Dakar) en marge de la conférence de l'Organisation de la Conférence islamique" (OCI), poursuit le gouvernement.

Le président tchadien Idriss Deby Itno et son homologue soudanais Omar el-Béchir se trouvaient jeudi dans la capitale sénégalaise où ils auraient dû signer un accord de paix la veille. La signature a été reportée à jeudi 11h30 (GMT et locales), en raison "de maux de tête" du président soudanais.

Si elle est confirmée, cette nouvelle incursion des rebelles survient après leur offensive de début février. Partis de bases arrière au Soudan, ils avaient pénétré dans N'Djamena les 2 et 3 février acculant le président Deby dans son palais présidentiel avant d'être repoussés in extremis.

Un observateur de la situation militaire sur le terrain a confirmé à l'AFP qu'un "groupe" de rebelles avait franchi la frontière mercredi pour entrer au Tchad dans la zone de Moudeina.

"Hier (mercredi) nous avons repéré 25 pick-up, mais il semblerait qu'il y en ait davantage", a expliqué cet observateur qui a requis l'anonymat.

Les véhicules pick-up tout-terrain, utilisés pour les rezzous rebelles dans cette région, peuvent transporter dix à quinze hommes chacun.

Interrogé par l'AFP sur téléphone satellitaire, un responsable de l'Alliance nationale (AN) créée fin février par plusieurs groupes rebelles a toutefois affirmé ne pas être au courant d'une éventuelle nouvelle offensive.

"Nous sommes à l'intérieur du Tchad depuis longtemps", a-t-il assuré sous couvert de l'anonymat.

Des observateurs de la situation militaire avaient toutefois rapporté ces derniers jours à l'AFP que les rebelles étaient quasiment tous repassés au Soudan après l'offensive ratée des 2 et 3 février.

A N'Djamena, plusieurs responsables tchadiens affirmaient cette dernière semaine s'attendre à de nouvelles actions de la part des rebelles, accusant Khartoum d'avoir continué à les armer et à les soutenir après qu'ils eurent échoué à renverser Idriss Deby.

Publié dans L'AFRIQUE

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