Gabon : le Parlement dénonce à son tour une "campagne" anti-Bongo en France

Publié le par Romandie News

20071006sarkogaboninside.jpg LIBREVILLE - L'Assemblée nationale et le Sénat gabonais, réunis en congrès, ont solennellement dénoncé mardi une "campagne de dénigrement" en cours selon eux en France contre le président Omar Bongo Ondimba, aggravant la crispation des relations entre les deux pays.

Dans une résolution adoptée à l'unanimité, les parlementaires s'en prennent "avec une profonde indignation" à "la campagne d'information tendancieuse contre le président de la République gabonaise sur le patrimoine immobilier qu'il possèderait en France".

Cette "campagne de dénigrement", jugée "irrévérencieuse et diffamatoire", "vise en réalité à ternir l'image du chef de l'Etat et à déstabiliser les institutions de la République", estime le Parlement.

Députés et sénateurs critiquent, sans les citer, le quotidien français Le Monde et la chaîne de télévision publique France 2 qui ont récemment évoqué, sur la base de procès-verbaux de la police française, le luxueux patrimoine immobilier du président Bongo dans l'ex-puissance coloniale.

Selon ces documents, qui ont provoqué un net refroidissement des relations franco-gabonaises depuis une semaine, Omar Bongo et sa famille possèdent en France 33 résidences, dont un hôtel particulier acheté en 2007 pour 18,8 millions d'euros à Paris.

L'enquête préliminaire de la police a été réalisée sur la base d'une plainte déposée en mars 2007 par plusieurs associations qui accusaient cinq présidents africains, et notamment Omar Bongo, d'avoir acquis en France des biens immobiliers de luxe avec de l'argent public détourné dans leur pays.

Ce dossier a été classé sans suite.

Cette affaire envenime les relations d'ordinaire très amicales entre Paris et Libreville. Après la diffusion le 3 mars du reportage de France 2, le Gabon a affirmé réfléchir "à la suite à donner aux relations franco-gabonaises".

Les unes après les autres, les institutions gabonaises ont renchéri dans la dénonciation de cette prétendue "campagne".

Après le ministère des Affaires étrangères et le gouvernement, et avant le Parlement, le Conseil national de la communication (CNC), organe de régulation des médias gabonais, a ainsi suspendu mardi matin pour trois mois le bimensuel privé Tendance Gabon pour avoir reproduit l'article du Monde sur les biens immobiliers du président Bongo.

Selon le CNC, ce journal gabonais "vient assurer le relais de ce que le gouvernement gabonais considère comme une campagne de dénigrement contre le président Omar Bongo".

Libreville reproche également aux autorités françaises la reconduite aux frontières par Paris de deux étudiants gabonais. Le Gabon a menacé d'appliquer "la réciprocité" à l'égard des Français en situation irrégulière sur son territoire.

Publié dans L'AFRIQUE

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