Pétrole : le baril dépasse 108 dollars à New York, 104 dollars à Londres

Publié le par Yahooactualités

petro7.jpg NEW YORK (AFP) - Le baril de pétrole a inscrit deux nouveaux records historiques lundi, à 108,21 dollars à New York et 104, 16 dollars à Londres, poursuivant une spirale haussière causée par l'affaiblissement du dollar, la politique défensive de l'Opep et les tensions géopolitiques.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en avril a également terminé la séance à un record de clôture, prenant 2,75 dollars à 107,90 dollars et effaçant largement sa précédente marque de référence de 105,47 dollars, enregistrée jeudi dernier.

La spirale haussière s'est également poursuivie à Londres, où le baril de Brent de la mer du Nord a clôturé au-dessus du seuil de 104 dollars franchi pour la première fois de son histoire lundi, à 104,16 dollars le baril, en hausse de 1,78 dollar. Il a aussi repoussé son record absolu à 104,45 dollars.

"La faiblesse persistante du dollar continue de pousser beaucoup de fonds spéculatifs à entrer sur les marchés de matières premières", dont le prix est libellé en dollars, a expliqué Mike Fitzpatrick, analyste de MF Global.

Le billet vert évoluait lundi tout près de son plus bas historique face à l'euro atteint vendredi, à 1,5464 dollar pour un euro.

Dans un contexte d'instabilité boursière et de pressions inflationnistes, le marché de l'or noir apparaît être un havre apprécié des investisseurs en quête de placements profitables.

"Il y a une nouvelle vague d'achats spéculatifs, sans raison apparente", a insisté M. Fitzpatrick, alors que beaucoup d'analystes anticipaient plutôt un mouvement de correction après les records de la semaine dernière.

De l'avis de nombreux analystes, cette persistance du renchérissement du prix du baril a déconnecté les cours des fondamentaux du marché.

"Le pétrole continue sa progression déclenchée par le dollar et il se crée une bulle spéculative qui au bout d'un moment va éclater", même s'il est difficile de prévoir quand, a commenté Phil Flynn, analyste d'Alaron Trading.

"Mais la tendance haussière pourrait bien ne pas capituler totalement tant qu'il n'est pas clair que le dollar a atteint un plancher et ne descendra pas plus bas face aux autres devises", a jugé John Kilduff, de MF Global.

Le marché avait pourtant ouvert sur un repli, une crise diplomatique ayant pris fin entre la Colombie d'une part et l'Equateur et le Venezuela d'autre part, tandis que les craintes de récession économique aux Etats-Unis avaient été ravivées vendredi par une contraction du marché du travail.

"Le marché continue d'être davantage sensible à la question de l'offre qu'à celle de la demande", qui pourrait pourtant diminuer en cas de ralentissement économique marqué, a souligné M. Kilduff.

Mais, la forte hausse des importations pétrolières de la Chine, deuxième consommateur mondial, en février "a alimenté l'anticipation d'une demande mondiale en or noir toujours forte", a supposé l'analyste.

Par ailleurs, une note de Goldman Sachs (NYSE: GS - actualité) , publiée vendredi, a également renforcé le sentiment haussier du marché. S'appuyant sur le fait que l'offre hors-Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) semble partie pour plafonner durablement, la banque américaine a révisé à la hausse ses prévisions de prix pour les trois prochaines années.

Elle anticipe des prix évoluant autour de 95 dollars le baril en 2008, 105 dollars en 2009, 110 dollars en 2010. Ses (Paris: LU0088087324 - actualité) analystes estiment par ailleurs que le cycle haussier devrait se prolonger tout au long de l'année 2010, alors que dans leurs précédentes estimations, ils en envisageaient le terme fin 2009.

Les analystes de la banque d'affaires, très écoutés des opérateurs, voient même plus loin. "Un rebond futur de la croissance économique américaine ou un problème majeur de production pourrait pousser les prix jusqu'à une fourchette de 150-200 dollars le baril", ont-ils écrit.

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