L'opposant tchadien Yorongar craint que Saleh ne soit mort

Publié le par Le Point

_44454090_combo_b203_afp.jpgNgarlejy Yorongar, un dirigeant de l'opposition tchadienne enlevé le mois dernier par les forces de sécurité lors de l'attaque rebelle à N'Djamena, craint que son collègue Ibn Oumar Mahamat Saleh, disparu depuis lors, n'ait été battu à mort par ses geôliers.

Arrivé à Paris après avoir fui le Tchad via le Cameroun, le député tchadien a témoigné jeudi de ce qu'il avait vu pendant sa détention.

"Ibn Mahamat Saleh est arrivé après moi. Les militaires qui l'ont amené se sont mis à le frapper - coups de crosse, coups de poing, coups de pied, etc. Ils l'ont conduit dans une cellule et entre le 4 et le 6 (février), je crois savoir qu'il est mort - à moins d'un miracle, mais moi je ne crois pas à un miracle", a-t-il raconté à Radio France Internationale (RFI) peu après son arrivée à l'aéroport parisien de Roissy.

Yorongar, Saleh et l'ancien président Lol Mahamat Choua, tous dirigeants de l'opposition, avaient disparu le 3 février, alors que les troupes gouvernementales du président Idriss Déby combattaient les forces rebelles pour reprendre le contrôle total de la capitale, N'Djamena.

Le gouvernement tchadien a fait savoir depuis lors que Choua était en résidence surveillée en tant que "prisonnier de guerre"".

On est toujours sans nouvelles de Saleh et Déby a affirmé ne pas savoir où il se trouvait.

Yorongar a précisé aux journalistes qu'il était venu en France pour subir des examens médicaux, craignant d'avoir été empoisonné pendant sa détention.

Il a affirmé avoir été battu le jour de son arrestation. Il a été détenu pendant 18 jours dans un lieu tenu secret, avant d'être relâché et de fuir au Cameroun voisin, où l'ambassade de France lui a accordé un visa.

Prié de dire s'il allait demander l'asile politique à la France, il a répondu: "Ce n'est pas le moment".

Le président français Nicolas Sarkozy a reçu mardi à Paris le fils de Saleh, Hicham Oumar Saleh.

Déby a accepté, à la suite d'une visite de Sarkozy le 27 février à N'Djamena, la création d'une commission internationale d'enquête sur les disparitions et arrestations d'opposants.

Nick Tattersall, version française Guy Kerivel

Publié dans L'AFRIQUE

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