Echauffourées au Bas-Congo (RDC) : 22 morts, selon un nouveau bilan

Publié le par Romandie News

1204363830-rd_congo.jpg KINSHASA - Vingt-deux personnes ont été tuées la semaine dernière au cours d'échauffourées entre la police et des adeptes d'un mouvement politico-religieux au Bas-Congo (sud-ouest de République démocratique du Congo), selon un nouveau bilan donné mardi par les autorités locales.

Ce bilan a été communiqué à l'AFP par le gouvernorat de la province du Bas-Congo. Parmi les morts, on compte 21 membres du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo (BDK) ainsi qu'une femme non membre de la secte.

Le premier bilan donné de sources officielle et hospitalière avait fait état vendredi de 7 morts et d'une douzaine de blessés.

Ces incidents se sont déroulés vendredi à Luozi, ville du Bas-Congo située à plus de 150 km au sud-ouest de Kinshasa.

Les forces de l'ordre dépêchées dans cette cité d'environ 50.000 habitants avaient, après avoir fait usage des gaz lacrymogènes et tiré en l'air, ouvert le feu sur un groupe d'adeptes de BDK qui tentaient de s'attaquer aux symboles de l'Etat et à la police.

Les fidèles de BDK sont accusés depuis plusieurs mois par les autorités et la société civile locales de se livrer à des actes d'intolérance à Luozi.

La police avait renforcé sa présence à Luozi où, une semaine auparavant, trois civils avaient été brûlés vifs par des inconnus présentés comme des adeptes de BDK.

Ces violences avaient paralysé l'ensemble de l'activité dans cette ville. Depuis samedi, le calme est revenu à Luozi et dans les villages environnants.

Des adeptes de BDK se sont également affrontés avec la police lundi soir à Seke-Banza à 100 km de Luozi, ont affirmé à l'AFP des responsables locaux.

Selon les mêmes sources, plusieurs maisons des agents de l'Etat ont été saccagées par des fidèles du député Ne Muanda Nsemi, chef spirituel de BDK.

Une vive tension était encore observée mardi à Seke-Banza.

Début janvier, cinq civils dont quatre adeptes de cette secte tribale avaient été tués dans cette même cité, fauchés par un véhicule de la police qui tentait de s'échapper face à une menace des "Makessa" (adeptes de BDK).

En janvier 2007, des affrontements entre forces de l'ordre et adeptes de BDK avaient fait plus de cent morts dans quatre villes du Bas-Congo.

Un important dispositif policier était observé mardi dans plusieurs villes du Bas-Congo où BDK est très actif.

Bundu dia Kongo ("Royaume du Kongo" en langue kikongo) est un groupe d'opposition religieux sécessionniste très implanté dans le Bas-Congo. Il prône la restauration de l'ex-royaume Kongo, qui comprenait l'actuel Bas-Congo, une partie de l'Angola, du Congo voisin et du Gabon.

Lundi, la Mission de l'ONU en RDC (Monuc) a appelé au calme après ces violences meurtrières et affirmé avoir procédé au "renforcement de son dispositif militaire et policier" dans le Bas-Congo pour "aider à la protection des populations civiles, qui demeure au coeur" de son mandat.

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Publié dans L'AFRIQUE

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