La France "n'a pas pris conscience de la gravité" de la situation des droits de l'Homme au Tchad (HWR)

Publié le par Afp

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La France "n'a pas pris conscience de la gravité" de la situation des droits de l'Homme au Tchad, a estimé mardi Olivier Bercault, chercheur de l'organisation Human Rights Watch qui revient de N'Djamena où il a enquêté sur le sort de deux opposants disparus depuis le 3 février.
HRW a publié un rapport concluant que ces deux opposants, Ngarlejy Yorongar et Ibni Omar Mahamat Saleh, que les autorités tchadiennes nient détenir, ont bien été arrêtés par l'armée tchadienne à l'issue de l'attaque rebelle sur la capitale.
Lundi, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a estimé en citant des témoins "assez crédibles" que Ngarlejy Yorongar, dont le gouvernement tchadien avait annoncé vendredi la "réapparition" mais qui reste invisible, était en vie.
"Pourquoi Bernard Kouchner ne donne-t-il pas ses sources ? Qu'est-ce que ça veut dire, des témoins 'assez crédibles' ?", s'est interrogé Olivier Bercault.

Situation "épouvantable"

"Je ne pense pas que les autorités françaises ont pris conscience de la gravité de ce qui se passe au Tchad. On dirait qu'ils se disent qu'une petite crise est en cours, que ça va passer", déclaré le chercheur à l'AFP.
"Je suis allé dans le quartier Moursal", où le gouvernement affirme que l'opposant est réapparu. "Personne ne l'a vu. Et s'il était libre, Yorongar, qui est une grande gueule, n'est pas du genre à se cacher ou à se taire", a-t-il poursuivi.
Olivier Bercault a qualifié la situation à N'Djamena d'"épouvantable".
"Les gens sont traumatisés par les combats. D'autres opposants ont été visés et ont quitté le pays. La presse est censurée. L'armée est partout en ville", a-t-il dit, racontant avoir été témoin de menaces exprimées à l'encontre de l'avocat des opposants disparus, Jean-Bernard Padaré.
"Il a reçu des menaces claires par texto. Des voitures l'attendent. Du coup, il dort dans différents endroits en ville. Je n'ai aucune idée de la dangerosité réelle de ces menaces, mais le fait est qu'il y a ce climat", a dit Olivier Bercault. (avec AFP)

Publié dans DROITS DE L'HOMME

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