CENTRAFRIQUE - INSECURITE : SELON LE MINISTRE DE LA COMMUNICATION, DES " FRERES EGARES" (BANDES ARMEES)ENTRETIENNENT BIEN L'INSECURITE EN CENTRAFRIQUE

Publié le par LE CONFIDENT

LE MINISTRE GOUANDJIKA RECONNAIT L'EXISTENCE DES BANDES ARMEES EN CENTRAFRIQUE


Le Ministre intérimaire de la Communication n'est pas passé par quatre chemins pour manifester ses intentions. Il l'a dit haut et fort à l'occasion de la clôture du séminaire-atelier de renforcement des capacités des journalistes des radios locales qui s'est déroulé à Bangui du 17 au 21 décembre 2006.

Fidèle Gouandjika, porte-parole auto proclamé du gouvernement considère la presse privée indépendante comme la cause des malheurs qui s'abattent au fil des jours sur le pouvoir de Bangui.

Dans son discours de clôture, le Ministre intérimaire de la Communication a déclaré que «nos confrères du Démocrate, incitent à la grève et que Le Confident entretient une peur de plus en plus grandissante parmi la paisible population centrafricaine. Ces publications quotidiennes aussi bien sur le net, font « état d'un groupuscule de nos frères égarés que nous nous employons jours et nuits à ramener à la raison, découragent les potentiels investisseurs ».
 Qu'est devenue la promesse du Ministre Gouandjika qui veut promouvoir l'Internet qu'il considère comme un outil très important de communication et de décentralisation sur toute l'étendue du territoire national ? N'a t-il pas souhaité que l'Internet soit installé à Malingapo, son village natal ?

Ces déclarations, loin d'être objectives, consistent à masquer l'incompétence du ministre Gouandjika à s'assumer en prenant pour bouc émissaire la presse privée indépendante.
Les causes soujacentes du refus des bailleurs de fonds de répondre favorablement aux appels pressants du Général Président de venir investir en RCA sont d'ailleurs connues par le gouvernement.
 Ces causes sont entre autres : la gestion opaque de la chose publique, le paiement irrégulier des salaires, pensions et bourses, la corruption instrumentalisée dans tous les secteurs de l'administration centrafricaine, le clanisme et l'ethnicisme qui remettent en cause le principe de la méritocratie des cadres de l'administration, l'impunité qui est érigée en système de gouvernement sans oublier l'insécurité qui va galopante dans le pays.
A propos de l'insécurité, le gouvernement a toujours entretenu un mystère autour de ce problème mettant ainsi toute la population centrafricaine dans la psychose la plus absolue. Ce qui est paradoxale, c'est que dans son intervention, Gouandjika a reconnu l'existence d'un groupuscule de frères égarés.
M. Nicolas Tiangaye n'avait-il pas dit lors de la clôture de la deuxième session du Conseil National de Transition (CNT) en décembre 2003 que « c'est la sécurité qui constitue le gage d'un retour des investisseurs dans le pays ? »

L'HOMME QUI VEUT TUER LA PRESSE EN CENTRAFRIQUEDe ce fait, on ne peut en aucun cas faire des remontrances à cette presse privée qui se bat pour informer la population centrafricaine du réel danger qui la guette et en même temps reconnaître solennellement à travers ces informations que le pouvoir se bat nuit et jours pour ramener ce groupuscule des frères égarés à la raison.
 De quelle manière ?
 C'est la question qui se pose, puisque le pouvoir de Bangui ne nous à jamais dit qu'il existait en Centrafrique des brebis égarées.

En agissant ainsi, le Ministre intérimaire de la Communication a levé un coin de voile sur le mystère entretenu par le gouvernement autour de la question de l'insécurité dans le pays.
 
S'il est évident, comme l'a dit Fidèle Gouandjika « qu'un journaliste mal formé et mal informé est un danger pour la démocratie », il n'en demeure pas moins qu'on ne pourra indéfiniment chercher à museler la presse privée en brandissant la censure. Cela constitue un frein à l'enracinement de cette démocratie dont il se réclame et qui inclut les débats contradictoires, les libertés individuelles (d'expression et d'opinion, d'aller et venir etc.).
Par ailleurs, la presse privée indépendante à qui le Président de la République avait solennellement demandé de l'informer sur toutes les imperfections qui peuvent remettre en cause la bonne marche des activités de l'Etat n'a jouer que son rôle qui est celui d'informer la population en général et le pouvoir en particulier afin qu'il prenne ses responsabilités pour arrêter à temps cette hémorragie.
La politique est un couteau à double tranchant, et le bon sens recommande le plus souvent à ceux qui sont détenteurs d'une parcelle de pouvoirs de l'Etat d'apprécier d'avance tous les paramètres de leurs déclarations pour éviter de jeter de l'huile sur le feu.

Mardi 24 Janvier 2006
Fleury - K
http://www.leconfident.net

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