Centrafrique / Crise sociale : "Si jamais la crise perdurait, elle produirait des évènements pires que ceux qu'ont connus Sodome et Ghomorrhe.." F .Bozizé

Publié le par Le Confident

undefined Dans le 6ème arrondissement de Bangui lors du 20ème anniversaire de ladite localité, le président François Bozizé a mis en garde, les fonctionnaires et agents de l'Etat dont les Centrales syndicales ont déclenché depuis le 2 janvier 2008, un mouvement de grève qui se durcit davantage.  
 
Cette occasion a été pour le Chef suprême des armées, de rappeler les circonstances dans lesquelles, les fonctionnaires et agents de l'État ont déclenché leur mouvement. Cette grogne sociale qui n'est que légitime, est transposée sur le terrain politique dit le président François Bozizé. Or, le problème réel que connaît la République est purement social et apparemment, les forces vives de la nation veulent récupérer cette grève pour en faire ce qu'elles veulent, pouvait-on déduire des intentions du Chef de l'État.

Dans sa déclaration en langue nationale, François Bozizé a rappelé les moments difficiles que la population du 6ème arrondissement a connu dans sa chair, lorsque les éléments du mouvement non conventionnel de Jean-Pierre Bemba avaient régné en véritables guerriers pour sauver le régime défunt qui, finalement, a été balayé par le coup d'Etat du 15 mars 2003.

Au cours de ses sorties, l'homme fort de Bangui ne cesse de faire allusion au mouvement social des fonctionnaires et agents de l'Etat, fatigués par des promesses non tenues depuis le Gouvernement défunt de M. Élie Doté. Toute peine mérite salaire, dit la Bible. Et on pourrait même y ajouter le fait que « ventre affamé n'a point d'oreilles » dit la maxime. Ces boutades, si elles sont vérifiées, le Général-Président n'a qu'une seule issue pour sortir de cette crise qui paralyse l'administration centrafricaine.

Sodome et Gomorrhe
Si jamais la crise perdurait, elle produirait des évènements pires que ceux qu'ont connus Sodome et Gomorrhe, a déclaré le chef de l'Etat François Bozizé. Ce qui compromettrait la reprise des activités au sein de la fonction publique. Cette déclaration démontre que Bozizé n'est pas prêt de céder aux revendications légitimes des travailleurs qui demandent une amélioration de leurs conditions de vie. Au lieu de tenir des propos conciliants dans le cas d'espèce, le président de la République a utilisé un ton menaçant qui risquerait d'avoir des effets sur la position des Centrales syndicales. Cette situation qui perdure donne à réfléchir sur la conception du Général-Président au sujet de la grève des fonctionnaires et agents de l'État qui réclament leur dû vis-à-vis de l'État.

Aujourd'hui, les caisses de l'Etat sont vides, dit-on. Mais l'État est toujours souverain et ne faillit jamais à sa mission. Il est malaisé de comprendre que le Chef de l'État puisse chercher des occasions pour se justifier, alors qu'une situation réelle se présente et pour laquelle, des palliatifs s'avèrent nécessaires.

En déclarant que la situation en Centrafrique risquerait de devenir comme les villes de Sodome et Gomorrhe (deux villes des insanités, bestialités, voire des comportements inhumains pratiqués par les hommes et que Dieu a fini par brûler selon la Bible), on doit se poser et se reposer mille et une questions sur la pertinence d'une telle déclaration. Il serait mieux pour le Général-Président d'utiliser des messages consolants et conciliants pour amener les fonctionnaires et agents de l'Etat à reprendre le chemin du travail.

Dialogue social, voie de sortie de crise
S'acharner sur les travailleurs, n'est pas la meilleure voie qui puisse conduire à un dénouement social heureux de cette situation. Alors, les conséquences sur la population ne sont pas à démontrer. Pour les économistes, cette grève qui a duré presque deux mois, aurait fait des pertes énormes sur l'économie nationale alors que le pays a besoin de fonds pour résoudre les problèmes qui minent et qui continuent de miner la société centrafricaine.

La bonne gouvernance qui sous-tend la transparence dans la gestion de la chose publique doit être l'une des conditions sine qua non pour éviter les détournements massifs de fonds publics au profit des personnalités véreuses envers qui, une impunité réglementaire est accordée. L'heure est venue pour le Général-Président de trouver des voies et moyens afin de décrisper cette situation sociale électrique. Un dialogue franc et sincère, ferait l'affaire.

Vendredi 15 Février 2008
Stéphane Chantilly

Publié dans ACTUALITES NATIONALES

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