Tchad : N’Djamena s’en prend à Kadhafi et à Sassou

Publié le par Afrique centrale Infos

lybie.jpgLe Premier ministre tchadien Delwa Kassiré Coumakoye a accusé mercredi la Libye d'avoir "soutenu" et "armé" les rebelles tchadiens venus du Soudan qui ont attaqué N'Djamena le week-end dernier.
"C'est (le dirigeant libyen Mouammar) Kadhafi qui a contribué à armer ces gens", a-t-il déclaré lors d'un entretien téléphonique."Ils ont été armés par le Soudan et soutenus par la Libye".

Le chef du gouvernement tchadien, qui se trouvait au palais présidentiel de la capitale, était interrogé sur la présence à N'Djamena d'une délégation libyenne arrivée mardi soir. Mouammar Kadhafi et son homologue congolais Denis Sassou Nguesso ont été désignés médiateurs de la crise tchadienne par l'Union africaine (UA).

"On n'a rien à traiter avec ces gens", a balayé M. Coumakoye.
"Sassou Nguesso, il a été président de l'UA (en 2006). Est-ce qu'il a traité le problème tchadien? Non! Il est corrompu par (le président soudanais) Omar el-Béchir", a-t-il insisté.

Le Premier ministre a estimé que les médiateurs étaient "des farceurs, des hypocrites".

"Ils veulent faire une médiation entre qui et qui? Il ne reste presque plus rien de la rébellion, nous les poursuivons avec notre aviation et par voie terrestre", a-t-il affirmé.

L'alliance des trois principales rébellions hostiles au président Idriss Deby Itno assure toujours avoir conservé ses forces quasiment intactes et se trouver autour de la capitale.

Interrogé sur les propos de l'ambassadeur de France à N'Djamena Bruno Foucher, qui a évoqué mardi devant la presse des "informations" faisant état de "deux colonnes de rebelles en mouvement dans l'est", le chef du gouvernement a estimé qu'il s'agissait de "propagande".

"L'ambassadeur a choisi son camp, il a choisi le camp contraire de celui choisi par le président (français Nicolas) Sarkozy", a-t-il conclu.
Mardi, le président Sarkozy avait apporté un soutien appuyé au président Deby. "Si la France doit faire son devoir (au Tchad), elle le fera", avait-il annoncé.

Une source militaire à N'Djamena a toutefois confirmé mercredi qu'une colonne rebelle, dont l'ampleur reste à déterminer, avait été repérée dans l'est du pays, à environ 200 km de la frontière soudanaise, avançant vers la capitale tchadienne.

A N'Djamena, la situation était calme mercredi pour la troisième journée consécutive.

Publié le 6 février 2008.

Publié dans L'AFRIQUE

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