Tchad : La France, partie prenante, agissante dans les combats de N’djamena

Publié le par Tchadactuel.com

h_9_ill_1007443_377703.jpgDepuis le début des combats, on s’en doutait, mais les preuves formelles de la participation directe de la France dans les combats de Ndjamena sont suffisamment nombreuses pour être portées à la connaissance de l’opinion internationale.

 

Contrairement à la chansonnette du Ministre de la défense française, ce n’est pas le bon soldat Deby qui dirige les opérations, ce sont plutôt l’Ambassadeur de France à N’djaména et le Conseiller Militaire français qui dirigent toutes les opérations du début jusqu’à maintenant. Le Conseiller Militaire a élu domicile au Commissariat de Farcha, entouré d’Adoum Younousmi, Mahamat Orozi et Abass Tolli. C’est en fait le vrai QG des opérations. Toutes les informations sont transmises par l’Ambassade et l’épervier à ce QG de circonstance, et ce QG, à son tour, répercute aux militaires et à Deby lui-même.

L’Ambassadeur de France et le Conseiller qui exécutent les ordres de Paris, sont aussi connus à N’djamena pour être des zélés et obligés supporteurs de Deby. Selon des informations très fiables Deby a investi la bagatelle de 3 milliards de CFA entre ces deux individus pour pouvoir bénéficier de leurs services à tout moment. C’est avec le zèle de ces deux individus que la France conduit les opérations contre l’opposition armée tchadienne.

 

La France protège l’aéroport, protège les hélicos de l’armée tchadienne qui bombardent quotidiennement les rebelles. La France a établi un pont aérien entre N’djamena et Libreville par où passent les armes et minutions fournies par Kadhafi, ainsi que des militaires que Bongo a envoyés sous couvert de la Cemac. Les français ont transporté dans leur avion Transal les éléments du MJE depuis Abéché dont le criminel recherché par la communauté internationale, Djibrine Teck. Selon les informations sûres, Djibrine Teck, habillé en rebelle, doit provoquer les forces française ce qui déclenchera une riposte armée de légitime défense contre les rebelles.

 

Plus gravissime, sur ordre du Conseiller militaire, les chars français ont participé directement aux combats du dimanche matin et tiré sur les rebelles tout autour du palais présidentiel.

 

C’est l’Ambassadeur de France qui a informé Deby que les leaders des partis politiques sont en contact avec les rebelles selon les écoutes opérées par ces services et il lui a suggéré de les « neutraliser »

L’ambassadeur de France au Tchad a personnellement rédigé la lettre que le Gouvernement tchadien devrait envoyer au Conseil de sécurité ; là le projet de lettre a été soumis à Deby qui l’a approuvé sans changer une virgule. Et depuis la France est en train de s’agiter au Conseil de sécurité pour avoir les mains libres afin d’intervenir militairement, avec le concours d’autres pays particulièrement de la Libye et du Gabon.

En choisissant Deby, au détriment de ses propres intérêts, sans parler les intérêts du Tchad, sur la base des intérêts égoïstes, privés et mafieux, La France fait un mauvais choix.

 

La chute du régime de Deby est inéluctable ; après les combats du dimanche après-midi où les derniers éléments de la GR ont été anéantis par la rébellion, la France, quels que soient son armada, son appui et les agissements de ses compagnons de circonstance (Kadhafi et Bongo), ne peut plus sauver le soldat Deby. L’insistance aveugle de la France de vouloir sauver Deby ne que peut perpétuer la désolation chez les tchadiens, augmenter le sentiment anti-français largement diffus et difficilement étouffable et enfin compromettre durablement les relations entre le Tchad et la France.

 

La France est en train de rééditer au Tchad les sinistres événements de Ruanda dix après. La cohorte des déplacés et des refugiés, ceux qui fuient aujourd’hui à N’djamena, ou qui vivent en plein air à Kousseri (Cameroun), ou qui errent entre Ndjamena et Guelendeng, rappellent malheureusement ce qui s’est passé à Ruanda et dont la France était partie prenante.

 

Si la Français et son opinion publique ont décidé de sacrifier le Tchad et les tchadiens au profit d’un seul individu dont le soutien est basé sur des relations françafricaines et néocolonialistes, alors, ainsi soit-il, l’histoire en jugera et tant pis pour le Tchad et les tchadiens.

 

La Rédaction.

Publié dans L'AFRIQUE

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