Côte d'Ivoire : Mandat d'arrêt international contre l'ancien putschiste "IB"

Publié le par Jeune Afrique

0131_cote-ivoire.jpgLe tribunal militaire d'Abidjan a lancé mercredi un mandat d'arrêt international contre l'ancien putschiste ivoirien Ibrahim Coulibaly dit "IB", inculpé pour "complot contre l'autorité de l'Etat", a annoncé à l'AFP le procureur militaire, le colonel Ange Kessi.

"Nous avons lancé un mandat d'arrêt depuis 10H00 (GMT et locales) permettant à toutes les polices du monde de le retrouver, l'arrêter et le conduire en prison", a déclaré à l'AFP le colonel Kessi.
IB, inculpé pour "complot contre l'autorité de l'Etat" et "association de malfaiteurs" est "recherché pour être entendu", a-t-il ajouté en précisant qu'il bénéficiait de la "présomption d'innocence".
Le 8 janvier, le colonel Kessi, commissaire du gouvernement (équivalent du procureur de la République devant le tribunal militaire) avait ouvert une information judiciaire en vue de lancer un mandat d'arrêt contre IB pour un présumé coup d'Etat déjoué fin décembre.
Des extraits de vidéo saisie par la Direction de la surveillance du territoire (DST, le contre-espionnage ivoirien) ont été mis en ligne récemment par un internaute anonyme sur le site de partage Youtube.
Intitulées "Noël à Abidjan", les séquences montrent M. Coulibaly et d'autres personnes non identifiées tenant des propos ambigus pouvant laisser penser qu'un coup d'Etat est en préparation.
Huit Ouest-Africains et deux Français ont par la suite été inculpés et écroués depuis le 16 janvier à Abidjan pour "complot", dans le cadre de cette enquête.
Parmi les deux Français figure un journaliste photographe, Jean-Paul Ney, interpellé dans la soirée du 27 décembre devant le siège de la Radio-Télévision ivoirienne (RTI).
Le 18 janvier, IB a démenti avoir fomenté un coup d'Etat se disant victime d'une "manipulation" qui vise simplement à empêcher son retour dans son pays, après cinq ans d'exil.
"Je n'ai jamais voulu fomenter un coup d'Etat et je suis surpris par ce qui se passe actuellement", a-t-il notamment déclaré.
"J'ai vu les images. Effectivement, je suis bien sur ces images mais je suis surpris de leur utilisation", a indiqué M. Coulibaly, expliquant qu'elles ont été filmées par Jean-Paul Ney.
Selon lui, le cameraman s'était présenté avec l'intention de tourner un reportage sur son exil béninois. Interrogé sur une séquence où il déclare qu'il faut "en finir avec (Laurent) Gbagbo", le président ivoirien, M. Coulibaly a déclaré qu'il s'exprimait "sur le plan politique".
L'ex-rébellion ivoirienne des Forces nouvelles (FN) avait accusé M. Coulibaly le 30 décembre d'avoir voulu perpétrer "un coup d'Etat" dans la nuit du 27 au 28 décembre.
Depuis le déclenchement de cette affaire, son parti, l'Union nationale des Ivoiriens du renouveau (UNIR), traverse une "crise de gouvernance qui a lourdement handicapé son fonctionnement", selon son porte-parole Claude Sahi.
Autrefois proches, "IB" et l'actuel chef des FN, Guillaume Soro, devenu depuis Premier ministre, se sont ensuite affrontés pour le contrôle de la rébellion. Cette rivalité a donné lieu à des affrontements meurtriers qui ont tourné à l'avantage du second.
Depuis, "IB" tente de se remettre dans le jeu politique ivoirien, notamment à travers son parti politique.
La Côte d'Ivoire est coupée en deux depuis la tentative de coup d'Etat des FN en septembre 2002 qui occupent le nord du pays. Le sud est resté sous contrôle des forces loyales au président Laurent Gbagbo.
Le pays a entamé un processus de réconciliation et de réunification depuis la signature en mars 2007 d'un accord de paix à Ouagadougou par M. Gbagbo et Guillaume Soro, chef des FN.

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