Tchad : des rebelles signalés à 400 km de N'Djamena

Publié le par Romandie news

tchad-rebels.jpg N'DJAMENA - Une colonne de véhicules de rebelles tchadiens a été signalée mercredi soir dans la zone d'Ati, une localité à environ 400 km de N'Djamena sur le principal axe reliant l'est du Tchad à sa capitale, a-t-on appris de sources militaires.

Selon ces sources, les rebelles, dont on ne connaît pas le nombre précis, ont avancé dans l'après-midi depuis Oum Hadjer (à 150 km à l'est d'Ati) où ils se trouvaient à la mi-journée.

La colonne se déplace en évitant les positions de l'armée tchadienne, sans chercher l'affrontement direct, et n'a donc pas rencontré de résistance jusqu'ici, ont affirmé ces sources, tout en précisant que les forces gouvernementales s'apprêtaient à lancer une contre-offensive.

Dans un communiqué transmis à l'AFP à N'Djamena dans la nuit de mercredi à jeudi, le gouvernement tchadien a confirmé l'avancée rebelle jusqu'à Oum Hadjer, mais a assuré qu'elle était "vouée à l'échec".

Selon lui, les rebelles, "appuyés par l'armée populaire soudanaise, ont cru devoir défier les forces de défense et de sécurité tchadiennes en continuant tôt ce (mercredi) matin leur aventure sur Oum Hadjer".

"La situation est sous total contrôle et (...) toutes les dispositions sont prises pour mettre fin à cette énième aventure", a-t-il ajouté, appelant "la population à garder son calme".

Le gouvernement a néanmoins souligné que la situation "ressemble étrangement à celle du 13 avril 2006", quand une colonne rebelle était parvenue aux portes de N'Djamena, après avoir traversé le Tchad depuis la frontière soudanaise en moins d'une semaine.

L'armée, qui avait initialement semblé dépassée par cette offensive éclair, avait finalement repoussé les rebelles dans les faubourgs de la capitale.

Comme en 2006, N'Djamena accuse Khartoum d'être à l'origine de l'offensive rebelle. Selon plusieurs observateurs, les rebelles ont récemment reçu un nouveau soutien de la part du Soudan voisin, où ils ont leurs bases arrière.

Cette nouvelle avancée de l'alliance formée fin 2007 par les trois principales rébellions hostiles au président Idriss Deby Itno coïncide avec le lancement de la force européenne dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique (Eufor Tchad-RCA).

Cette force doit protéger les réfugiés soudanais et déplacés internes tchadiens et centrafricains dans ces régions, soit quelque 450.000 personnes au total.

Publié dans L'AFRIQUE

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