DECLARATION/ADP / OI/O8 : L'ADP CONDAMNE LES PROPOS DANGEREUX DE FRANÇOIS BOZIZE

Publié le par Olivier Gabirault

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L'ADP (ALLIANCE POUR LA DEMOCRATIE ET LE PROGRES) a suivi avec surprise, indignation et inquiétude les déclarations faites par le Président de la République successivement :
Le 17 janvier 2008 en présence des diplomates, du Syndicat, des partis politiques et de la société civile au Palais de la Renaissance ;

Le 18 Janvier 2008 à l'occasion de la Journée des martyrs ;
Le 22 Janvier 2008, dans le cadre d'une réunion avec les chefs de quartiers, chefs de groupes, représentants des partis politiques de la Majorité Présidentielle, de la société civile, les responsables de l'Armée, de la Gendarmerie et de la Police, au Palais de la Renaissance.
L'ADP note dans ces déclarations un manque de maîtrise, une panique face à une situation sociale pourtant prévisible, résultant précisément de la carence du pouvoir et du non respect de ses propres engagements.

Les diverses déclarations du Chef de l'Etat sont, non seulement dangereuses, car sources de frustrations, de division et de tensions au sein de la population, mais ne sont nullement dignes de la haute, noble et sage fonction du Président de la République, de surcroît père de la nation.
Des engagements pris pour payer, non seulement régulièrement les salaires, mais apurer à la fin de l'année 2007 les arriérés de sept mois du présent régime, n'ont pas été respectés avec, parmi tant d'autres conséquences, la privation de la population de toute possibilité d'offrir des jouets aux enfants et passer dans une joie de circonstance les fêtes de fin d'année en famille.

L'ADP rappelle au Président de la République que le Dialogue National, qui avait réuni en 2003 l'ensemble des composantes de la nation, avait fait du paiement régulier des salaires, bourses et pensions, un point particulier et sensible, préoccupation ayant même fait l'objet de sa déclaration finale pour mieux attirer l'attention du pouvoir.

Par ailleurs, toutes les recommandations transversales sur le niveau des salaires, pensions et bourses allaient toutes dans le sens d'un relèvement (déblocage de salaires, prise en compte des effets financiers d'anciens avancements, avancements réguliers avec effets financiers, réajustement de salaires, pensions et bourses en tenant compte des coûts de la vie).

Il ne s'agit donc pas d'un problème nouveau ou propre au syndicat, mais d'une préoccupation de l'ensemble de la nation exprimée par l'adoption de nombreuses recommandations du Dialogue National, non seulement pour son bien être, mais également pour préserver la paix sociale, donc la stabilité du pays.

Au lieu de reconnaître ses propres erreurs, faire preuve de recherche de compromis avec un minimum d'humilité, le pouvoir a préféré privilégier la diversion, la suspicion, la menace sur la population, en commençant par accuser bien évidemment ses boucs émissaires habituels qui sont les leaders de l'opposition.

L'ADP note qu'une grossière manœuvre du pouvoir a consisté à présenter les moyens pourtant pacifiques du Syndicat comme cachant une invasion armée venant de toutes les frontières du pays, notamment de la République Démocratique du Congo, mais tout en invitant discrètement le syndicat, 24 heures après cette prétendue invasion militaire, pour négocier dans l'ombre.

Ce scénario a même été utilisé par le pouvoir comme prétexte pour terroriser la population par un déploiement des forces de défense et de sécurité ainsi que du matériel de guerre dans toute la ville.
Si le pouvoir pense utiliser une telle pratique comme un épouvantail à l'égard de la population, il oublie tout simplement que ce procédé rappelle à celle-ci un cauchemar, que beaucoup de Centrafricains ont vécu dans leur chair, et qu'ils ne sont pas encore prêts d'oublier, alors que l'action du Gouvernement devrait au contraire consister à effacer ce très mauvais souvenir de leur esprit par un comportement sage, digne et rassurant.

Indépendamment de tout cela, le Président de la République a tenu des propos contraires à son rôle de préservation de l'unité nationale et à sa position qui devrait le placer au-dessus de la mêlée au lieu d'afficher une appartenance à un groupe de partis ou associations politiques dont les militants, selon son appel, devraient être hostiles au reste de la population dans la crise actuelle, en utilisant, s'il le faut, toute arme possible (flèches, pilons etc.).

L'ADP rappelle au Président de la République qu'il est avant tout le père de la nation et ne doit pas utiliser la division au sein de la population qui doit au contraire être réconciliée à la suite des crises à répétition qui ont secoué ce pays.

L'ADP souligne que le drame de ce pays vient essentiellement de la division tribale, régionale organisée surtout par des hommes politiques manquant d'idéal politique pour le bien de l'ensemble de la nation, mal qu'il convient au contraire de combattre au lieu de le développer.

L'ADP rappelle par ailleurs au Président de la République qu'il a le devoir d'assurer le bien-être du peuple centrafricain et devrait plus que quiconque, se préoccuper de la misère grandissante et avilissante de ce dernier, due surtout au non paiement des salaires, dès l'instant où c'est la Fonction Publique qui est le principal employeur du pays et que la population vit essentiellement grâce aux revenus des fonctionnaires, ressources qui font par ailleurs tourner l'économie nationale.

L'ADP rappelle au Président de la République que le peuple centrafricain aspire à une paix durable pour se développer au lieu de vivre des crises mal gérées qui naissent les unes après les autres, pendant que d'autres font encore l'objet d'un Dialogue politique en cours de préparation.

Tout en condamnant fermement l'attitude dangereuse du Président de La République, l' ADP lui demande de se ressaisir sans délai dans l'intérêt supérieur de la nation, d'éviter toute nouvelle maladresse dans la recherche des solutions à cette crise comme cela a malheureusement été dans le cas de la rébellion armée, et surtout de ne pas se satisfaire de déclarer avec gravité « qu'on ne joue pas avec le pouvoir » (comme s'il s'agissait d'un bien personnel), alors qu'au contraire « on ne joue pas avec la vie et la confiance du peuple ».

Fait à BANGUI le 28 Janvier 2008

Le Président National

Emmanuel Olivier GABIRAULT

Publié dans LES COMMUNIQUES

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