Rwanda : Juppé dénonce les compromissions de la realpolitik

Publié le par Afrique Centrale Infos

1507036932479db4823ad1b.jpgL'ancien ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé dénonce "les amalgames de la repentance ou les compromissions de la +realpolitik+", après les déclarations du chef du quai d'Orsay Bernard Kouchner évoquant "une faute politique" de la France au Rwanda. "Je comprends bien que la France veuille se réconcilier avec le Rwanda. Le réalisme politique le commande. C'est l'intérêt de notre pays", écrit M. Juppé, qui a conduit la diplomatie française d'avril 1993 à mai 1995, période au cours de laquelle a eu lieu le génocide rwandais de 1994.
"Mais de là à tomber dans les amalgames de la repentance ou les compromissions de la +realpolitik+, il y a un fossé", a poursuivi M. Juppé, maire de Bordeaux (sud-ouest) sur son blog.

Le génocide a fait, selon l'ONU, environ 800.000 morts parmi les Tutsis et Hutus modérés.

"On nous dit qu'au Rwanda, la France aurait commis une +faute politique+. C'est trop ou trop peu. De quelle faute s'agit-il? Il faut l'expliquer!", s'insurge Alain Juppé, qui s'interroge: "Aurions-nous, par exemple, pris systématiquement le parti d'un camp contre l'autre, des Hutus contre les Tutsis? C'est une contre-vérité", affirme-t-il.

"Aurions-nous omis de dénoncer le génocide dont les extrémistes hutus se sont rendus coupables à partir d'avril 1994? C'est une contre-vérité. J'ai moi-même prononcé le mot de génocide le 15 mai 1994 au conseil des ministres de l'Union européenne (...)", poursuit-il.

"Aurions-nous fait preuve de passivité alors que la communauté internationale aurait agi? C'est une contre-vérité. C'est même exactement l'inverse qui s'est passé", argumente-t-il encore.

"Nous avons fait tous les efforts possibles pour aider à la réconciliation des Rwandais", a-t-il assuré.

Selon M. Juppé, "nous assistons depuis plusieurs années à une tentative insidieuse de réécriture de l'histoire", qui vise à "transformer la France d'acteur engagé en complice du génocide".

Lors d'une visite samedi au Rwanda, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner, interrogé par la presse sur le rôle de la France en 1994, a répondu: "C'était certainement une faute politique". "Mais il n'y a pas de responsabilité militaire", a-t-il ajouté.

Publié le 28 janvier 2008.

Publié dans L'AFRIQUE

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