La FIJ appelle le Procureur à abandonner la condamnation pour diffamation d’un journaliste en République Centrafricaine

Publié le par FIJ

images-copie-8.jpgLa Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a appelé aujourd'hui le Procureur de Bangui en République Centrafricaine à abandonner une poursuite pénale contre le journaliste Faustin Bambou, qui est inculpé pour « incitation aux troubles à l'ordre public et à la révolte, diffamation et injures », qui fait suite à un article qu'il a écrit accusant des membres du gouvernement d'accepter l'argent d'une entreprise nucléaire française.

« L’accusation montre bien l’intention du gouvernement centrafricain à intimider les journalistes afin de les empêcher de publier des enquêtes sur des malversations financières des membres du gouvernement et de l’administration » a dit Gabriel Baglo, directeur du bureau Afrique de la FIJ.

Bambou risque deux ans de prison ferme et une amende de 3 millions de Francs CFA (4,573 euros) en cas de condamnation.

Au cours du procès qui a été retransmis en direct par la radio nationale, les avocats de Bambou ont demandé l'annulation de la procédure : les poursuites contre Bambou sont fondées sur le code pénal alors qu'il existe une loi sur la liberté de la communication qui dépénalise les délits de presse.

La FIJ appelle l'instance de régulation des médias, le Haut Conseil de la Communication (HCC), à mettre la pression sur le gouvernement pour garantir la liberté de la presse et d'examiner l'affaire devant les pairs de Bambou dans la communauté journalistique.

Bambou, directeur de l'hebdomadaire Les Collines de l'Oubangui, a été arrêté le 11janvier, puis inculpé et écroué trois jours plus tard pour avoir affirmé dans un article publié le 21 décembre 2007 que deux membres du gouvernement notamment le Ministre des Mines, Sylvain Ndoutingaï et le Ministre des Affaires étrangères Côme Zoumara, auraient touché sept (7) milliards de Francs CFA (soit 10,5 millions d'Euros) du groupe nucléaire français Areva.

Le jugement est mis en délibéré au lundi 28 janvier. Selon les autorités judiciaires, cet article aurait fait prolonger la grève des fonctionnaires qui a commencé le 2 janvier pour le paiement d'arriérés de salaire de plusieurs mois.

Le groupe régional africain de la FIJ, la Fédération Africaine des Journalistes, mène une campagne continentale visant à interdire la criminalisation des délits de presse dans chaque pays africain.

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