Oxfam souhaite que les Etats-Unis aident "plus intelligemment" le Sud

Publié le par AFP

images-copie-6.jpg WASHINGTON - L'organisation humanitaire Oxfam a plaidé vendredi à Washington pour une réforme de l'aide américaine au développement, la plus importante du monde, qu'elle souhaite dissociée des objectifs militaires et plus finement contrôlée.

"Pour utiliser efficacement leur pouvoir de convaincre (...), les Etats-Unis doivent aider plus intelligemment les pays en développement", estime l'organisation, qui souhaite peser sur la campagne de l'élection présidentielle, dans un rapport à paraître jeudi prochain.

Oxfam y recommande notamment la création d'un nouveau ministère, le département à l'Aide extérieure, qui puisse parler sur un pied d'égalité avec le département d'Etat et le Pentagone.

En valeur absolue, les Etats-Unis sont le plus important fournisseur d'aide au développement, avec environ 19 milliards de dollars versés chaque année, un chiffre en hausse depuis l'arrivée au pouvoir du président Bush (13 mds USD), a précisé le président d'Oxfam America, Ray Offenheiser, dans un entretien à l'AFP.

"Si les Etats-Unis veulent devenir un chef de file intelligent en matière de développement, ses décideurs politiques doivent donner une priorité de principe au développement -- plutôt qu'en faire un élément subordonné de la sécurité nationale, au même titre que la défense et la diplomatie", juge Oxfam.

La tendance actuelle à la "sécurisation de l'aide au développement" est d'autant plus préjudiciable, estime l'organisation, qu'elle se concentre sur des objectifs à court-terme.

Les trois premiers récipiendaires de l'aide américaine au développement sont l'Irak (6,915 milliards de dollars), Israël (2,4 milliards de dollars) et l'Afghanistan (1,342 md USD), trois alliés militaires majeurs de Washington, rappelle-t-elle.

Or les trois pays les plus pauvres de la planète sont la République centrafricaine, qui ne reçoit que 17 millions de dollars d'aide américaine, la Sierra Leone (21 M USD) et l'Erythrée (141 M USD), souligne Oxfam.

Plus généralement, Oxfam estime que, dans leur approche du développement, les Etats-Unis sont prisonniers de leur volonté de contrôler.

Or "plus les décideurs cherchent à contrôler l'aide américaine au développement pour la rendre efficace, moins elle est efficace", dit-t-elle.

L'organisation, qui reconnaît qu'il y a là un paradoxe, montre du doigt la fragmentation des agences américaines chargées de l'aide au développement, la complexité de l'appareil législatif et le défaut de stratégie d'ensemble.

Oxfam qui cite une étude réalisée en 2004 affirme que "60% des pays concernés estiment que les exigences des Etats-Unis en matière de contrôle étaient trop important ou excessifs".

Pour le moment, seul le candidat démocrate John Edwards a clairement appelé à une nouvelle loi sur l'aide extérieure, a rappelé M. Offenheiser -- qui la réclame -- alors que ses concurrents démocrates ont été moins précis dans leur recommandation et les Républicains peu diserts sur ces questions.

(©AFP / 18 janvier 2008 23h56)

Publié dans LE MONDE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article