Gabon : Réactions aux propos d'un ministre Français

Publié le par Afrique centrale infos

121202548747908ed23d433.jpgLe Gabon a "marqué" vendredi sa "surprise" après les propos du secrétaire d'Etat français à la Coopération sur la nécessité de signer "l'acte de décès de la Françafrique", selon un communiqué du conseil des ministres. "De tels propos ne peuvent être mus que par l'ignorance des réalités de la coopération franco-africaine", note le communiqué.
La déclaration s'en prend aux propos de Jean-Marie Bockel, qui dans la présentation de ses voeux mardi à Paris avait exhorté le président Nicolas Sarkozy à ne plus "céder à un certain nombre de caprices (...) de demandes incohérentes de certains pays (africains) qui ont (...) une rente pétrolière qu'ils ne consacrent pas aux investissements qu'ils nous demandent de financer".

"Aussi le gouvernement gabonais marque-t-il sa surprise" que "soient véhiculés à un tel niveau de responsabilité des clichés méprisants faisant des Etats africains de vulgaires mendiants sollicitant sans fin l'aumône de la France", souligne le communiqué.

Le Gabon, pays producteur de pétrole où opère notamment le groupe français Total, "s'étonne", poursuit le texte, "de cette attitude d'autant plus inacceptable quand on sait les avantages que tirent la France et les autres Etats occidentaux de leurs rapports économiques depuis toujours, avantages mutuels par ailleurs".

Le conseil des ministres était présidé par Omar Bongo Ondimba, doyen des chefs d'Etat africains, au pouvoir depuis 40 ans.

Le président gabonais, qui a connu tous les présidents de la Ve République française, est l'un des derniers symboles des relations particulières qui ont longtemps uni Paris et ses ex-colonies.

"Si la France estime que l'Afrique lui coûte cher, il lui revient souverainement d'en tirer les conclusions, sans être obligée de se justifier de façon aussi péremptoire. Car l'Afrique saura trouver assurément des partenaires plus respectueux de la dignité de ses peuples et de la souverainté de ses Etats", précise encore le communiqué.

"Il conviendrait donc que les partisans d'une certaine rupture en France sachent rompre avec l'arrogance qui a souvent marqué leurs rapports avec l'Afrique", conclut le communiqué.

Le Gabon est un allié privilégié de la France en Afrique centrale, son influence ayant notamment servi à dénouer des crises survenues ces dernières années dans cette région. La France possède une base militaire à Libreville et M. Sarkozy était venu au Gabon en juillet, à l'occasion de son premier voyage en Afrique subsaharienne en tant que président français.
Publié le 18 janvier 2008.

Publié dans L'AFRIQUE

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