Centrafrique : Pour un geste d’apaisement à l’égard des syndicats

Publié le par Panapress

undefinedLe médiateur de la République en Centrafrique, le PR Abel Goumba, a invité, jeudi, le gouvernement à faire "un geste d’apaisement" pour mettre un terme à la grève des fonctionnaires entamée le 2 janvier dernier à l’appel des syndicats pour réclamer le versement d’arriérés de salaires et le déblocage des effets financiers des avancements.

S’exprimant au terme d’une rencontre mettant face à face les leaders syndicaux et le président de la République assisté de son gouvernement, l’ancien Premier ministre a également recommandé aux grévistes de faire preuve de compréhension en poursuivant les négociations avec le gouvernement et en proposant des solutions à l’épineux problème des arriérés de salaires.

Au cours de ce face-à-face retransmis en direct par la radio nationale et auquel assistaient le corps diplomatique et les leaders des partis politiques, le secrétaire général de l’Union syndicale des travailleurs de Centrafricain (Ustc), M. Noël Ramadane, qui s’exprimait au nom des 6 centrales syndicales du pays, a longuement exposé les revendications à l’origine du mouvement de grève avant de réitérer la volonté des travailleurs d’"entrer dans des actions multiformes, si rien n’est fait".

"Aucun régime n’a bénéficié d’une période de grâce comme on le fait aujourd’hui et si nous continuons, il ne restera plus qu’à vendre les organisations syndicales au gouvernement", a-t-il martelé, soulignant que les actions des syndicats étaient motivées par le fait que les travailleurs sont excédés et non par une "main invisible", comme semble le croire le gouvernement.

Répondant aux leaders syndicaux, François Bozizé a expliqué qu’il n’était pas raisonnable de vouloir augmenter les dépenses alors que le niveau des recettes mensuelles demeure faible (1,5 milliards FCFA), que les avances consenties par les banques ont atteint 16 milliards FCFA et que 2,5 milliards attendent d’être remboursés en 2008 aux institutions financières internationales (FMI, Banque mondiale).

"Nous sommes faibles, nous dépendons totalement de l’extérieur, nous n’avons rien, toutes nos sociétés d’Etat sont à plat ! », a- t-il précisé, incitant ses interlocuteurs à la prudence et à la poursuite des négociations car « les différentes phases de revendication ne serviront à rien dans la situation où nous nous trouvons".

Le face-à-face de jeudi intervient 48 heures avant un meeting syndical prévu par les centrales syndicales pour expliquer à l’opinion le bien-fondé des revendications à l’origine du mouvement de grève en cours depuis le 2 janvier.

Il convient de rappeler qu’en septembre 2007, un mouvement similaire avait conduit le gouvernement à verser 2 mois de salaires sur les 9 réclamés par les syndicats avant d’obtenir d’eux un mot d’ordre de reprise du travail.
 
Bangui - 17/01/2008

Panapress

Publié dans ACTUALITES NATIONALES

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