Rdc : Question de nationalité

Publié le par Afrique Centrale Infos

600000774478b8269a8ba8.jpgPlusieurs groupes armés locaux Maï Maï du Sud-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), ont mis en cause lundi la nationalité de certains Tutsis congolais, lors de la conférence de paix de Goma ouverte début janvier. Jean-Pierre Bucwa, porte-parole des miliciens Maï Maï de Fizi (territoire du Sud-Kivu), a remis en cause la nationalité des Hutus et Tutsis immigré du Rwanda au XXe siècle, appelant à les distinguer de ceux établis depuis des générations dans l'ex-Zaïre.
"Nous demandons le retour (au Rwanda) de tous les réfugiés hutus et tutsis qui sont venus du Rwanda en 1959 et 1962", a-t-il déclaré en plénière de la conférence de paix sur les Kivu, ouverte le 6 janvier à Goma (Nord-Kivu).

Il s'est par ailleurs farouchement opposé à la transformation de l'entité de Minembwe (située dans le territoire de Fizi) en territoire, prévenant qu'une telle décision "créerait des conflits énormes entre les ethnies au Sud-Kivu".

Les Banyamulenge - Tutsis du Sud-Kivu installés depuis des siècles sur les hauts plateaux de Minembwe, contrairement aux Tutsis du Nord-Kivu, venus du Rwanda au XXe siècle - réclament en vain de voir Minembwe "érigé en territoire". Cette transformation leur aurait donné plus de chance d'emporter des sièges au Parlement lors des élections de 2006.

La nationalité congolaise des Tutsis a été de nombreuses fois remise en cause depuis l'indépendance du Congo (en 1960), mais a été clairement réaffirmée lors de l'adoption de la dernière loi sur la nationalité (2004).

Les Maï Maï, des combattants issus de différentes ethnies rassemblés en groupes locaux d'auto-défense, affirment "défendre la patrie" contre les velléités hégémoniques des pays voisins, notamment le Rwanda.
Ils ont été armés et équipés par Kinshasa lors de la dernière guerre en RDC (1998-2003), au cours de laquelle Rwanda et Ouganda ont envoyé des troupes en soutien à des rébellions congolaises.

M. Bucwa a par ailleurs exigé de Kinshasa "l'indemnisation de tous les nationalistes tombés sur le champ de bataille" au cours des derniers conflits et recommandé aux communautés du Sud-Kivu de "cultiver une cohabitation pacifique".

De leur côté, les Maï Maï des territoires de Mwenga et Shabunda (Sud-Kivu) ont demandé le rapatriement dans leur pays de groupes de rebelles hutus rwandais, accusés de semer la terreur dans les zones rurales, où pillages et viols sont récurrents.
Ils exigent aussi la création d'une "commission vérité et réconciliation" et le retour de "tous les réfugiés congolais".

"Nous demandons au gouvernement de nous associer à la commission qui organisera le retour des Banyamulenge, car nous les connaissons", a déclaré Jules Ziringabo, au nom des Maï Maï de Shabunda.

Publié dans L'AFRIQUE

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