CENTRAFRIQUE - INSECURITE : L'ESCALADE MORTELLE CONTINUE

Publié le par AFRIQUECENTRALEINFO

Trois personnes tuées par la police à Bangui - 5/1/2006

Trois personnes ont été tuées et plusieurs blessées jeudi après-midi par les forces de sécurité centrafricaines lors d’incidents dans le nord de Bangui, en marge des obsèques d’un militaire tué mardi, selon un nouveau bilan établi de sources concordantes.
 
Selon la police et des témoins, les forces de sécurité ont ouvert le feu pour repousser la foule qui revenait de l’inhumation du sergent-chef Claude Sanzé, tué mardi dans des circonstances encore troubles par d’autres militaires, et s’en prenait à des bâtiments appartenant à des particuliers.
 
Trois personnes ont été tuées par balles lors de cette intervention et plusieurs ont été blessées, a indiqué à l’AFP une source hospitalière confirmée par des témoins et des journalistes sur place.
 
Le nombre et l’état de santé des blessés n’ont pas été précisés.
 
Au moins trois bâtiments, dont une buvette et une salle de projection de films vidéos, ont été incendiés par les manifestants, qui ont été dispersés suite à l’intervention des forces de l’ordre, selon des témoins.
 
Les affrontements ont cessé mais la situation était toujours très tendue jeudi en fin d’après-midi dans le quartier de Gobongo, dans le nord de la capitale centrafricaine, quadrillé par d’importants effectifs de gendarmerie, a-t-on appris de source policière.
 
Ces événements surviennent au surlendemain d’une rixe entre soldats des Forces armées centrafricaines (Faca) qui a fait deux morts et déjà causé des incidents mardi dans le secteur de Gobongo.
 
Ces troubles ont débuté avec l’assassinat lundi soir dans le quartier de Gobongo, à l’occasion d’une dispute, du sous-lieutenant Wilfried Yango-Kapita par le sergent-chef Claude Sanzé, ancien garde du corps de l’ex-président du Conseil national de transition (CNT, parlement de transition), Me Nicolas Tiangaye.
 
Le meurtrier a alors réussi à prendre la fuite en ouvrant le feu à l’arme automatique sur les gendarmes.
 
Après s’être réfugié au bureau de l’Onu en Centrafrique (Bonuca), le sergent-chef Sanzé s’est rendu mardi matin à la gendarmerie de Bangui, d’où des militaires non-identifiés l’ont extrait dans des circonstances encore inconnues avant de l’abattre, selon une source militaire.
 
Mardi matin, des proches du sous-lieutenant Yango-Kapita et certains habitants du quartier de Gobongo avaient érigé des barricades sur la voie publique et d’autres saccagé et pillé la résidence de Me Tiangaye. Le calme était revenu après l’intervention des forces de l’ordre.
 
Selon leur entourage, le différend entre le sous-lieutenant Yango-Kapita et le sergent-chef Sanzé aurait pour origine l’élection législative du mois de mai dans le 4ème arrondissement de Bangui, pendant laquelle ils avaient respectivement assuré la sécurité du candidat de la coalition présidentielle Patrice-Edouard N’gaïssona et de l’indépendant Me Tiangaye.
 
M. N’gaïssona l’avait emporté de justesse à l’issue d’un scrutin tendu et très contesté.
 
Le gouvernement centrafricain a annoncé mardi l’ouverture d’une enquête judiciaire "pour que toute la lumière soit faite sur ces tragiques événements".

Publié dans ACTUALITES NATIONALES

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