CENTRAFRIQUE - DERIVE DICTATORIALE : BOZIZE VEUT LEGIFERER PAR ORDONNANCES

Publié le par LE CONFIDENT

BOZIZE EN MAL DE BONNE GOUVERNANCE

MON GENERAL, LE PAYS VA MAL

Décidemment, le pouvoir de Bangui est aux abois. Les jours qui passent ne se ressemblent pas et la situation du pays va de mal en pis. Ce qui confirme le fait que la Centrafrique est un pays qui fait exception à tous les principes qui régissent le fonctionnement d'un État de droit .



La belle illustration de cette exception est celle que vient de donner le Président de la République qui se croit encore en période de transition ; période au cours de laquelle, le consensus politique était en vogue. Ce dernier semble ignorer que dans un État démocratique, les partis politiques, les syndicats et associations, autrement dit toutes les forces vives de la nation doivent contribuer à l'animation de la vie politique du pays. Dépassé par les crises à répétition dans tous les secteurs de l'administration centrafricaine, les attaques incessantes dans le nord du pays, la situation politique chaotique du Président Déby du Tchad voisin, le Président Bozizé a cru bon déposer un projet de loi sur les tables de l'Assemblée Nationale lui demandant de légiférer par Ordonnances pour un délai de 9 mois à compter de janvier 2006. La question que l'on est en droit de se poser est celle de savoir ce qui est caché derrière les intentions machiavéliques du Général Bozizé ? Mesure t-il la portée de ces agissements ? Peut-on considérer la situation actuelle du pays à une période d'exception ?
Telles sont les questions qui se posent et qui méritent d'être élucidées. En faisant une lecture exhaustive de la Constitution centrafricaine du 27 janvier 2004, on se rend compte que l'article 29 dispose que : « A titre exceptionnel, pour une durée illimitée, le Président de la République peut demander à l'Assemblée Nationale, l'autorisation de prendre par Ordonnances, des mesures qui sont normalement du domaine de la loi. Les Ordonnances sont adoptées en conseil des ministres, après avis de la Cour Constitutionnelle. Elles entrent en vigueur dès leur publication mais deviennent caduques si elles n'ont pas été ratifiées à l'expiration d'un fixé dans la loi d'habilitation… ».
Ces mesures ne peuvent être prises que soit dans le cas de l'indisponibilité du Parlement, soit lorsqu'il y a un profond bouleversement qui touche au fonctionnement des institutions républicaines. On ne peut en aucun cas dans la situation actuelle parler ni de l'indisponibilité parlementaire ni du bouleversement des institutions démocratiques issues des dernières élections appréciées par la Communauté Internationale. L'on assiste de ce fait à un raidissement du pouvoir qui, par cet acte, veut réinstaurer la dictature et l'imposer comme une méthode de gestion des affaires de l'État. S'il est évident que la dictature est du domaine des militaires, il n'en demeure pas moins que cette période est largement dépassée. Un militaire qui abandonne ses treillis pour embrasser la carrière politique doit nécessairement se rendre compte qu'en politique, c'est le dialogue qui prime et non la force.
Qu'adviendra t-il si les partis politique de l'opposition emboîtaient les pas à la lutte légitime que mène l'USTC relative au paiement des arriérés de salaire des fonctionnaires centrafricains ? Certainement des étincelles dans l'air dans le paysage politique du pays. Ce qui n'est pas de nature à favoriser le retour des investisseurs. A quoi servirait la lutte acharnée du général à ravir tous les sièges de l'Assemblée Nationale ? C'est peut être curieux et inquiétant de constater qu'un Président de la République qui dispose d'une majorité parlementaire confortable puisse être incapable de mener à bien sa politique, et d'être obligé de faire recours à la dictature, laquelle prouve à suffisance que le dialogue social qui devrait prévaloir entre les gouvernants et les gouvernés ne sera plus que d'actualité. Il est temps que les élus de la nation, qu'il soit de la mouvance présidentielle soit de l'opposition prennent conscience de leur rôle afin de barrer la route à cette nouvelle forme de dictature qui ne dit pas son nom pour que l'intérêt supérieur de la nation soit privilégié au détriment des intérêts égoïstes et partisans.



Mercredi 28 Décembre 2005
Harly - Schengen
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