UFVN : « LE VOYAGE DE BOZIZE A PARIS A ETE UN TERRIBLE GACHIS », DECLARE L'OPPOSITION POLITIQUE

Publié le par Le Confident

boz.jpg« Il n'y a pas de Liberté sans Loi »
I° Acculés à une situation de misère jamais connue de leur histoire, avec la guerre fratricide qui s'éternise, la corruption et l'impunité qui se nourrissent grassement de la mauvaise gouvernance, la faim et la maladie qui réduisent tous les jours un peu plus la capacité productive des populations, beaucoup de Centrafricaines et de Centrafricains se sont mis à rêver secrètement d'un «Sommet de tous les espoirs », ce 19 Novembre 2007 à Paris (France) entre face à face, les Présidents Nicolas Sarkozy et François Bozizé Yangouvonda.

DECLARATION DE L'UFVN
Pour le Renouveau Démocratique
SUR LE VOYAGE D'ETAT EFFECTUE EN FRANCE, LE 17 AU 20 NOVEMBRE 2007 PAR LE GENERAL D'ARMEE, FRANCOIS BOZIZE YANGOUVOUNDA, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

En réalité, pour oser croire que « quelque chose de bon » pouvait sortir de cette rencontre du 19 Novembre 2007, il fallait vraiment le vouloir et s'enfermer délibérément dans une réflexion sommaire et au premier degré. Car, tout le monde savait ou devait savoir que le décor de la rencontre des deux Chefs d'Etat ce 19 Novembre 2007 était déjà planté par la «Table Ronde de Bruxelles», le 26 Octobre 2007.
En effet, cette «Table Ronde de Bruxelles» n'a pas fait de mystère sur les conditions préalables et non négociables que le Général d'Armée François Bozizé Yangouvonda et son Gouvernement doivent remplir, «ici et maintenant », pour espérer à terme, un changement qualitatif dans les relations Centrafrique /UE, dont la France est membre. La cause était donc déjà entendue !
Aussi, faute par le Général d'Armée François Bozizé Yangouvonda de n'avoir pas encore satisfait ces conditions incontournables, la rencontre du 19 Novembre 2007 était devenue sans objet.
Dés lors, il ne fallait pas plus de 20 minutes d'Horloge pour que le Chef d'Etat Français, M. Nicolas Sarkozy rappelle à son hôte, les exigeantes conclusions finales de cette désormais célèbre « Table Ronde de Bruxelles ».
II° Pour le reste, il est à déplorer que, soumis à un ensemble de traitement à la limite, du «diplomatiquement difficile à supporter», le Général d'Armée François Bozizé Yangouvonda ait perdu son contrôle et se soit abîmé dans de lamentables « contrevérités » au moment de ses réponses aux journalistes à la sortie de l'Elysée, notamment :
1°quand il a joué volontiers le « renégat » en ne se reconnaissant plus comme co-auteur de l'amorce continue de la descente aux enfers de la RCA qu'il a cogérée avec foi et enthousiasme, successivement, comme : Aide de Camp sous le Maréchal Président BOKASSA, comme Ministre de la Défense sous le Président Dacko II, comme Ministre de l'Information sous le Général Président Kolingba, et comme Chef d'Etat Major sous le Président Ange Félix PATASSE.
2°quand, pour se disculper, lui et les « siens », il a imputé à l'Opposition démocratique le « contenu » du rapport de HUMAN RIGHTS WATCH, cette ONG des Droits de l'Homme qui a dénoncé ce qu'il a vu, singulièrement les pires tortures et autres atrocités infligées par la Garde Présidentielle aux civils non armés.
3°quand il a occulté sans sourciller, le traitement dégradant qu'il a fait subir aux Conseillers de la Cour Constitutionnelle, fermement décidés
* à ne pas obtempérer à ses injonctions dans l'affaire TOTAL/Etat Centrafricain et
* à ne rendre que la JUSTICE, au nom du Peuple, sans considération de la position politique, économique et sociale des parties au procès.
4° quand enfin, jetant l'opprobre sur les régimes antérieurs pour se présenter au bout du compte en «Défenseur Attendu de la Veuve et de l'Orphelin», il se refuse de se souvenir que de tous les quatre (4)«coups d'Etat » réussis en Centrafrique: BOKASSA (1965/1966), Opération BARACCUDA (1979), Kolingba (1981) et Bozizé (2003), celui qui, dans le temps et dans l'espace, a provoqué le plus de dégâts en vies humaines et en biens meubles et immeubles est incontestablement le coup d'Etat pseudo - libérateur qui l'a porté au pouvoir le 15 Mars 2003. Les faits sont têtus et suivent comme « l'œil de Caïn » !
III°Enfin, pris dans la tourmente «d'une diplomatie et d'un protocole de circonstance», le Général d'Armée François Bozizé Yangouvonda n'a visiblement pas eu la moindre occasion de rentabiliser son voyage de Paris. En effet, les gros dossiers de l'heure, (URAMIN-AREVA, TOTAL...) sont restés désespérément coincés au fond du sac du Chef de l'Etat, alors que non seulement ces deux dossiers empoisonnent de manière significative les relations politico économiques de la France et de la Centrafrique, mais encore, s'imposaient comme les « dossiers phares » du voyage et méritaient de ce fait d'être absolument exposés, ne serait-ce que pour déclencher le processus de leur règlement définitif, juste et correct, le moment venu...
En définitive, ce voyage de Paris n'aura été rien d'autre qu'un terrible gâchis, un de plus, dont pourtant le Chef de l'Etat aurait pu faire l'économie à un pays où la tension des Finances Publiques a atteint son paroxysme et promet bruyamment des lendemains très agités sur le front social, à la veille de la fête du 1er Décembre et des traditionnelles réjouissances des fins d'années.
Au vu de tout ce tableau noir, l'UFVN persiste et signe !
Pour elle en effet, il n'y a pas d'autres voies de sortie de l'amateurisme et de l'approximation politique, de l'empirisme et du tâtonnement dans la gestion de l'Etat que d'organiser rapidement le Dialogue Politique inclusif, Refondateur !
Au demeurant, avec tout ce qui arrive ces temps-ci au pays, l'UFVN s'étonne que le Président de la République, qui a vécu ce qu'il a vécu en chair et en os à Paris et à Bruxelles, n'ait pas été convaincu qu'en considération du rapport des forces en présence, (la seule chose qui compte en ce moment de l'Histoire), le DESTIN de la Centrafrique est étroitement lié au strict respect des conditionnalités arrêtées à la «Table Ronde de Bruxelles», le 26 Octobre 2OO7.
Il ne s'agit rien moins ici que d'une « contrainte morale internationale », sur fond politico-économique évident, ayant pour objectif bien précis, l'organisation à bref délai, du Dialogue Politique Inclusif qui devra accoucher d'une « Nouvelle Centrafrique » pacifiée et unie, respectueuse des « Droits de l'Homme », débarrassée à jamais de ses coriaces tares que sont : la corruption, l'affairisme, l'impunité, le tribalisme et le népotisme, des maux terribles qui gangrènent dangereusement le mental à tous les niveaux de l'Administration et de la sphère politique et compromettent gravement la bonne gouvernance .
Fait à Bangui, le 23 Novembre 2007
Pour l'Union des Forces Vives de la Nation
Le Coordonnateur :
 

Mercredi 28 Novembre 2007
Me Henri POUZERE

Publié dans ACTUALITES NATIONALES

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