Inondations en Afrique: le bilan s'alourdit, l'aide tarde

Publié le par A.F.P

afrinnodat.jpg KAMPALA (AFP) - samedi 29 septembre 2007 - 0h15 - Démunis face aux inondations catastrophiques frappant près de la moitié des pays africains, des centaines de milliers de sinistrés plaçaient leur espoir vendredi dans une aide qui tarde à venir, renforçant les menaces d'épidémies, notamment de choléra.

Le bilan humain - plus de 350 morts depuis juillet - des pluies diluviennes qui s'abattent des côtes de l'Atlantique à celles de l'océan Indien s'alourdit de jour en jour et reste partiel.

De nombreuses régions inondées sont très difficiles d'accès et les moyens de communications y sont rares, que ce soit au Soudan - où le nombre de sinistrés est évalué à 625.000 par l'ONU - ou encore en Ouganda.

La Croix Rouge a reconnu vendredi à Genève que les cas d'inondations se sont multipliés en Afrique depuis 2004, tout en appelant la communauté internationale à agir contre le changement climatique.

Entre 2004 et 2006, a-t-elle dit, le nombre d'interventions de l'organisation humanitaire à la suite d'inondations en Afrique est passé de cinq à 32 et, au milieu du mois de septembre 2007, il s'établissait déjà à 42 pour l'année en cours.

Au Nigéria, le nombre des victimes a été revu à la hausse, passant de 24 à 64. "Ce sont les pires inondations que nous ayons eues ces cinq dernières années", a commenté le porte-parole de la Croix-rouge nigériane, Patrick Bawa.

Situation similaire au Togo voisin, où le bilan des pluies diluviennes tombées ces derniers jours dans le nord est passé de 20 à 23 morts. En Algérie également, le bilan des intempéries qui ont touché plusieurs régions du nord du pays en fin de semaine dernière est passé de 13 à 16 morts.

Les dégâts matériels - routes et ponts emportés, cultures détruites, logements noyés sous les eaux - s'annoncent considérables.

Au Togo, "des milliers d'hectares de champs de cultures vivrières et plus de 29.400 cases ont été détruites", selon le directeur du ministère des Affaires sociales, Roger Tamassé Danioué.

Pour les sinistrés, ces dégâts ont une autre conséquence immédiate: ils retardent l'acheminement de l'aide. En Ouganda, où 400.000 personnes sont affectées par les inondations, les intempéries paralysent le trafic routier et des centaines de poids-lourds ravitaillant d'ordinaire le sud du Soudan ont dû emprunter des itinéraires beaucoup plus long.

"Le réseau routier a été paralysé. La situation est traumatisante", a commenté le secrétaire d'Etat ougandais aux Réfugiés et à la Prévention des désastres, Musa Ecweru.

Mais des ONG mettent également en cause l'incurie des pouvoirs publics dans la gestion de la crise. "La réponse du gouvernement ougandais sur le terrain est très lente, bien que beaucoup ait été promis depuis que les inondations ont été déclarées catastrophe nationale", a ainsi critiqué ActionAid.

Dans des régions où le choléra est parfois endémique, les premiers cas liés aux inondations ont également été signalés, faisant craindre de possibles épidémies.

Au Rwanda, deux malades ont été recensés dans deux districts de l'ouest du pays touchés il y a deux semaines par les intempéries.

Au Soudan, le pays le plus touché par les inondations, 68 décès dus au choléra ont été signalés.

Pour lutter contre les épidémies, particulièrement de paludisme, l'Union européenne a accordé environ deux millions d'euros au Togo, au Ghana et au Burkina Faso.

Selon les météorologues, ces inondations catastrophiques sont probablement la conséquence du phénomène climatique "La Niña" de refroidissement des eaux de l'océan Pacifique, à l'origine d'un temps particulièrement pluvieux en Afrique.

Publié dans L'AFRIQUE

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