Le Congo et la France reformulent leur document cadre de partenariat

Publié le par congoplus

Image de lLa République du Congo et la République française sont décidées de reformuler leur Document cadre de partenariat (DCP) au titre de la période 2007-2011. La question a été évoquée le 28 septembre à Brazzaville au cours d'un entretien du ministre à la présidence chargé de la Coopération, de l'Action humanitaire et de la Solidarité Charles Zacharie Bowao avec l'ambassadeur de France au Congo, Nicolas Normand. Le nouveau document s'ouvre aux infrastructures, à l'éducation et à la santé.

L'ancien DCP entre les deux pays était chiffré à quelque 76 milliards de francs CFA, sans compter les prêts que l'Agence française de développement (AFD) a accordé à des établissements publics congolais. Elaboré à la demande de la partie congolaise, le nouveau DCP un accent sur les infrastructures qui ont un impact déterminant sur les activités socioéconomique du Congo.

«La proposition de DCP qui reprend tous les projets de coopération français au Congo pour les cinq années à venir n'est pas encore entièrement finalisée. Il ne s'agira que d'une proposition sur laquelle devra réagir les autorités congolaises. On a déjà discuté à la fois des principes, de la structure de ce document, et aussi du détail des projets qui vont être évoqués. Un premier document avait été signé par l'ancien ministre français de la Coopération mais, en juillet dernier les Présidents Nicolas Sarkozy et Denis Sassou-Nguesso se sont rencontrés à Paris (France) et ont décidé à la demande des autorités congolaises de rouvrir ce document pour le renforcer, c'est-à-dire pour augmenter les crédits français au Congo pour mieux prendre en compte certaines priorités congolaises», a déclaré M. Normand.

Les projets contenus dans le nouveau DCP portent sur les infrastructures de transport notamment le Port autonome de Pointe-Noire (PAPN), le Chemin de fer Congo océan (CFCO) et le port de Brazzaville. L'AFD fait partie des bailleurs de fonds -parmi lesquels la Banque européenne d'investissements (BEI) et la Banque de développement des Etats de l'Afrique centrale (BDEAC)- qui ont approuvé le financement du Programme d'investissements prioritaires (PIP) du PAPN dont le coût global est estimé à 60 milliards de francs CFA.

Réunis en mars 2006 à Pointe-Noire, ces bailleurs de fonds avaient approuvé un financement prévisionnel de plus de 35 milliards de francs CFA. D'après le diplomate français, son pays entend mobiliser un financement de 20 milliards de francs CFA pour le PAPN qui est considéré comme l'un des ports les plus importants en eau profonde dans le Golfe de Guinée.

«Nous allons créer un chapitre sur les infrastructures et les aspects de transport où nous détaillerons le projet de financement que nous avons déjà mis au point pour le port de Pointe-Noire de l'ordre de 20 milliards de francs CFA en complément d'autres financements. Il y a aussi d'autres projets d'aides éventuelles qui restent à finaliser sur le CFCO dont une étude de la commission de l'Union européenne (UE) est en cours. Cette étude permettra de préciser le diagnostic de ce chemin de fer en matière de gestion et surtout d'investissements pour sa modernisation», a précisé M. Normand.

Epine dorsale de l'économie congolaise, le CFCO a été endommagé pendant les conflits armés que le Congo a connus ces dernières années. C'est la principale voie de communication reliant le port de Pointe-Noire à Brazzaville. La réhabilitation du CFCO aura un impact important sur l'économie congolaise qui se trouve en phase de restructuration après la période sombre due aux guerres répétitives.

Le nouveau document de coopération entre la France et le Congo s'intéresse aussi au développement des activités du secteur des transports fluviaux, notamment avec le dragage du port de Brazzaville et du fleuve Congo et de l'Oubangui jusqu'en République centrafricaine (RCA). Une enveloppe de 5 millions de crédit est prévue pour réaliser ces opérations qui bénéficient de l'apport de la commission européenne.

Par ailleurs, le DCP s'intéresse aussi aux secteurs de l'éducation et de la santé. En matière d'éducation, la France entend aider le Congo dans le domaine de l'enseignement technique et la formation professionnelle. Sur la santé, la France va apporter son appui dans le renforcement des capacités du Centre hospitalier et universitaire (CHU) de Brazzaville et la mise en place d'un système d'assurance maladie. Une mission française viendra Congo au cours des prochains mois pour affiner le projet.

 

Les secteurs de la forêt et de l'environnement sont épinglés par le DCP. Il est question pour la France d'aider le Congo à renforcer la gestion rationnelle et durable des écosystèmes forestiers. La France se trouve depuis 2005 à la tête du partenariat pour la gestion du Bassin du Congo.

Publié dans L'AFRIQUE

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