Gbagbo se rendra en zone rebelle le 30 juin prochain

Publié le par cyberpresse

Le président ivoirien Laurent Gbagbo se rendra le 30 juin à Bouaké (centre), sa première visite dans la moitié nord du pays tenue depuis 2002 par ses anciens ennemis de la rébellion, pour y lancer une opération de désarmement, a annoncé jeudi la présidence.

"Le président a annoncé qu'il se rendrait le 30 juin à Bouaké", a indiqué le chef du service de communication de la présidence, Silvère Nebout.

"Il participera à une cérémonie de la - Flamme de la paix -, où des armes doivent être déposées pour symboliser le début du désarmement", a précisé un autre responsable de la présidence sous couvert de l'anonymat.

Bouaké est le quartier général de la rébellion des Forces nouvelles (FN), qui s'est emparée de la moitié nord de la Côte d'Ivoire lors d'une tentative de coup d'Etat contre le président Gbagbo en septembre 2002.

M. Gbagbo, qui a gardé le contrôle du sud, ne s'est plus rendu dans le nord depuis cette date.

Après plus de quatre ans de statu quo rythmé par de multiples accords internationaux non appliqués, le processus de paix ivoirien a été relancé le 4 mars dernier par la signature d'un accord entre le président Gbagbo et le chef des FN, Guillaume Soro, nommé Premier ministre quelques semaines plus tard.

A la suite de cet accord, le président ivoirien avait annoncé son intention de se rendre en zone rebelle à la fin du mois d'avril, mais cette visite a été régulièrement reportée depuis.

Lundi, le Premier ministre a officiellement réinstallé le préfet de Bouaké, Konin Aka, marquant le début de redéploiement de l'administration dans la moitié nord du pays.

L'annonce du retour sur place de l'administration ivoirienne en zone rebelle, qu'elle avait déserté après septembre 2002, traduit le climat de réconciliation apparent qui prévaut depuis l'accord de paix du 4 mars.

Autre symbole de ce climat, Charles Blé Goudé, chef des "patriotes" ivoiriens et un farouche soutien de M. Gbagbo, s'est rendu le 9 juin à Bouaké, pour la première fois depuis 2002, pour y célébrer la réconciliation nationale.

Le gouvernement a par ailleurs indiqué qu'il prévoyait la reprise des audiences foraines, première phase de l'identification des populations en vue des élections, au début du mois de juillet.

L'accord de Ouagadougou du 4 mars a repris les principaux objectifs du processus de paix lancé par la communauté internationale en 2003, mais jamais appliqués depuis en raison des désaccords politiques et multiples problèmes logistiques, en mettant cette fois en première ligne les dirigeants ivoiriens.

Près de quatre mois après la signature de l'accord, tout ou presque reste cependant à faire sur le terrain (redéploiement complet de l'administration, désarmement, identification, élections) pour faire avancer le processus et aller vers la réunification du pays.

Près de 8.000 Casques bleus de l'ONU et 3.000 soldats français de l'opération Licorne sont toujours déployés dans le pays sous mandat de l'ONU pour surveiller le cessez-le-feu entre les deux ex-belligérants.

Le conseil de sécurité de l'ONU doit adopter avant la fin du mois une résolution prorogeant leurs mandats d'au moins six mois.

Publié dans L'AFRIQUE

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