Les forces de sécurité s'attèlent à libérer les Camerounais enlevés.

Publié le par cameroun tribune

 
Dans la nuit du 3 au 4 juin dernier, des ex-rebelles centrafricains ont effectué une incursion dans les localités de Ngaoui et de Sobba, à la frontière avec la RCA, dans le département du Mbéré, province de l’Adamaoua. Ils y ont enlevé 16 personnes dont six Camerounais et 10 Centrafricains qu’ils ont conduits en territoire centrafricain. Cinq des otages ont été libérés pour faire connaître leur exigence qui se chiffrerait à plusieurs millions de francs CFA. Pour l’heure, les populations et les familles des localités concernées vivent dans la peur et la désolation. Les autorités camerounaises de la province de l’Adamaoua et le haut commandement s’attèlent à les rassurer par la présence des forces de sécurité et surtout pour tenter de libérer les Camerounais enlevés.

Ce n’est pas la première fois que des ex-rebelles opèrent des enlèvements dans cette zone frontalière. Il y a un an, ils avaient enlevé plusieurs enfants et adultes dans le district de Ngaoui et exécuté certains d’entre eux. Leur cible, les éleveurs bororos à qui ils demandent de fortes rançons. Pour mémoire, la localité de Ngaoui, chef-lieu du district du même nom abrite un grand marché sous-régional à bétail. CT a rencontré le gouverneur de l’Adamaoua, Joseph Noutsa..



Joseph Noutsa:"Les recherches se poursuivent"


L’éclairage du gouverneur de l’Adamaoua, Joseph Noutsa .

Quelle est la situation qui prévaut actuellement à la frontière camerouno-centrafricaine, notamment dans le district de Ngaoui ?

Au regard de la récente incursion des ex-rebelles centrafricains dans les localités camerounaises de Ngaoui et Sobba, précisément dans la nuit du 3 au 4 juin 2007, qui s’est soldée par l’enlèvement de 11 personnes à Ngaoui et 5 personnes à Sobba, soit au total 16 otages, les populations des localités concernées ne peuvent pour l’heure que vivre dans la peur.

Habituellement, ces malfaiteurs opèrent dans les localités isolées et moins peuplées. L’attaque perpétrée dans la ville de Ngaoui, chef-lieu du district du même nom, augure par conséquent d’une nouvelle escalade qui mérite d’être prise très au sérieux par les autorités camerounaises.

Quelle est la nationalité des otages ?

Parmi les 16 otages sus visés, l’on compte 6 Camerounais et 10 Centrafricains. Mais il faut préciser que cinq de 16 otages ont été libérés quelques trois jours après. Il s’agirait certainement d’éléments moins fortunés, jugés incapables de payer la rançon exigée et dont se sont servis les ravisseurs pour faire connaître leur exigence aux familles des autres otages.

D’où viendraient les ravisseurs ?

Les ravisseurs viennent du pays voisin, la RCA avec laquelle le département du Mbéré partage une frontière longue de près de 160 km.

Quelles mesures avez-vous envisagées pour assurer la sécurité des populations et pour la libération des personnes enlevées ?

Malheureusement, les mesures sont intervenues après coup, puisque les assaillants ne donnent pas de préavis avant d’opérer. La technique qu’ils utilisent généralement est celle de la guérilla qui leur offre l’avantage de l’initiative de l’attaque et de l’effet de surprise ajouté à l’absence de droit de poursuite dans nos relations bilatérales avec la République centrafricaine. En clair, lorsque ces malfaiteurs opèrent dans une localité comme Ngaoui, il ne leur faut pas plus de dix minutes pour replier en territoire centrafricain et se mettre à l’abri de toute poursuite par nos forces de sécurité.

Nous avons certes une brigade territoriale de gendarmerie à Ngaoui, mais celle-ci a réagi tardivement, faute de renseignements. C’est le lieu de souligner que le district de Ngaoui n’est pas encore arrosé par la téléphonie mobile qui aurait permis d’alerter nos forces de sécurité en temps réel. De plus, il faut reconnaître que la surprise est de taille dans la mesure où l’attention de nos forces de sécurité est surtout focalisée sur les villages isolés. Je réitère que l’attaque dans une agglomération dense comme Ngaoui est un phénomène nouveau. Nos forces sauront donc s’en tenir à l’avenir.

Mais déjà en réaction à cette prise massive d’otages, l’autorité préfectorale et les responsables des forces de maintien de l’ordre du Mbéré sont descendus le 4 juin 2007 à Ngaoui et Sobba pour constater les faits et rassurer les populations par leur présence. Le colonel- commandant la légion de gendarmerie de l’Adamaoua est descendu le 7 juin 2007 sur le terrain à la tête d’une quarantaine d’hommes bien armés. Ils ont séjourné trois jours durant dans la zone de Ngaoui et ses environs à la recherche des renseignements sur les assaillants, pour une reconnaissance approfondie du terrain. Bien entendu, cette présence dissuasive dans les localités frontalières a grandement réconforté les populations.

Mieux encore, la mise en place dans la région par le haut commandement d’un dispositif de sécurité mieux étoffé et plus équipé est effective depuis le 18 juin 2007, dans le cadre de l’OPS LOM KADEY II basée à Bertoua dans la province de l’Est.

Mais il va sans dire que, quelles que soient les mesures prises localement, leur efficacité restera limitée dans l’espace et dans le temps, tant qu’elles ne s’intègrent pas dans une coopération politique et militaire entre les deux Etats voisins du Cameroun et de la RCA.

Pour ce qui est de la libération des autres otages, les recherches se poursuivent pour localiser leur lieu de détention avant même d’envisager leur libération.
 

Publié dans L'AFRIQUE

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