DE LA RÉVOLTE DE SOWETO À LA JOURNÉE DE L’ENFANT AFRICAIN

Publié le par misna

AFRIQUE
 
Droits de l'homme Droits de l'homme, Standard

Tout commença le 16 juin 1976 par une marche pacifique des étudiants noirs contre la politique scolaire de la minorité blanche qui les obligeait à étudier en "afrikaans", la langue des colons Boers ; elle dégénéra en affrontements soldés par la mort de 618 étudiants et 1.500 blessés et fut rebaptisée "la révolte de Soweto". Le mouvement aboutit en 1994 à la fin du régime de l’apartheid, qui était en vigueur depuis 1948. En 1991, celle qui s’appelait alors l’Organisation de l’Union africaine (OUA) décida de commémorer le 16 juin de chaque année cet événement en proclamant la "Journée internationale de l’enfant africain". 

Aujourd’hui, les enfants du continent africain souffrent encore de famine et de maladies, subissent des violences physiques et psychologiques, et plus de 1,2 millions de mineurs sont chaque année victimes de trafic. "Lutter contre le trafic des mineurs" est d’ailleurs le thème de la Journée pour cette année; il a été choisi par la Commission de l’Union africaine (UA, qui a remplacé l’OUA) pour "maintenir l’attention sur la violence faite aux enfants, qui était le thème de l’an dernier. 

Le trafic des enfants est une des formes de violences perpétrées contre eux" a dit le président de l’UA, Alpha Oumar Konaré. "Les enfants sont en proie au trafic à cause de la pauvreté, du manque d’emplois décents, de revenus et de meilleures opportunités pour leurs familles, des conflits armés, de la mauvaise gouvernance, des discriminations, de la violence et de l’exploitation" lit-on dans le message de M. Konaré. Ce dernier cite encore d’autres causes, comme "le manque de certificats de naissance, la coutume des mariages prématurés, la demande de travailleurs domestiques".
 
Ann M. Veneman, directrice du Fonds de l’ONU pour l’enfance (Unicef) a de son côté rappelé que "le trafic expose les enfants à la violence, aux abus sexuels, au délaissement, à l’infection par le virus du sida ; il viole leur droit à être protégés, à grandir dans un environnement familial, à l’accès à l’éducation". "Nous ne devons pas fermer les yeux" lance en appel Alpha Oumar Konaré, "nous devons penser sérieusement collectivement que des millions d’enfants souffrent et attendent d’être sauvés. Nous avons le devoir moral et l’obligation légale de respecter les engagements pris pour sauvegarder les droits et le bien-être de l’enfant africain. Faisons en sorte que l’Afrique soit un lieu adopté aux enfants".
[CC]

Publié dans DROITS DE L'HOMME

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